Berne: Appel de Swissaid pour la Journée mondiale de l’alimentation
Berne, 15 octobre 2008 (Apic) « Il est plus facile de mobiliser des sommes colossales pour sauver des banques plutôt que de venir en aide aux 925 millions de personnes touchées par la faim dans le monde ». C’est le constat posé par l’organisation SWISSAID, qui fête son 60e anniversaire, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation.
Depuis 60 ans, SWISSAID aide les populations les plus défavorisées dans neuf pays du Sud à s’aider elles-mêmes, signale l’organisation dans un communiqué diffusé le 15 octobre. Sa directrice Caroline Morel dénonce le manque de volonté politique des pays riches – parmi lesquels la Suisse – pour remédier de façon durable à la faim et à la pauvreté.
« La crise financière fait oublier la crise alimentaire qui continue à faire de nombreuses victimes dans les pays du Sud », relève la directrice de SWISSAID. Elle appelle de ses voeux l’émergence d’une volonté politique aussi déterminée que celle qui a permis de sauver des banques, afin de trouver des solutions durables à la faim dans le monde.
Un moratoire de cinq ans sur les importations d’agrocarburants
L’explosion des prix des denrées alimentaires – résultat de politiques agricoles et commerciales jugées désastreuses – a fait augmenter de quelque 100 millions le nombre des personnes souffrant de la faim et de la malnutrition dans le monde, pour le porter à quelque 925 millions. Dans le contexte de la Journée mondiale de l’alimentation du 16 octobre, le président de SWISSAID et conseiller national socialiste Rudolf Rechsteiner a ainsi déposé une initiative parlementaire qui demande un moratoire de cinq ans sur les importations d’agrocarburants en Suisse. « Lorsque des surfaces cultivables sont utilisées pour la production d’agrocarburants, des terres manquent pour cultiver des denrées alimentaires destinées à la consommation locale », constate Rudolf Rechsteiner. La production d’agrocarburants conduit par ailleurs à des violations des droits humains tels que l’expulsion de leurs terres de petits agriculteurs.
Le rapport sur l’agriculture mondiale rédigé par plusieurs centaines d’experts publié récemment va exactement dans le même sens que ce que SWISSAID recommande depuis longtemps. A savoir un changement complet de politique en matière d’agriculture au niveau mondial et une rupture radicale d’avec le modèle de production industrielle qui mise sur un recours massif à des intrants chimiques et le recours à des semences génétiquement modifiées. Pour miser sur une agriculture axée sur les marchés régionaux qui favorise les petits paysans. « Nous pouvons être fiers du chemin parcouru par SWISSAID au cours des 60 dernières années, estime Caroline Morel. Mais beaucoup de chemin reste à parcourir. » Cet anniversaire sera marqué par une petite fête qui a lieu le 17 octobre à Berne.
Née dans le contexte de l’après-guerre
A ses débuts, la Fondation suisse pour la coopération au développement s’appelait « Aide suisse à l’Europe » et venait en aide à des réfugiés de l’après guerre. Ce sera ensuite l’ »Aide suisse à l’étranger » et en 1960, les premiers projets en Inde marquent le début du travail de coopération au développement.
Aujourd’hui, SWISSAID est présente dans neuf pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. L’agriculture organique, la souveraineté alimentaire, une répartition équitable des revenus générés par les matières premières, tels sont les axes principaux sur lesquels travaille SWISSAID dans les pays du Sud et qu’elle porte dans les débats politiques en Suisse. (apic/com/bb)
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