Rome: Le Synode évoque la place de la Parole de Dieu dans des pays africains en conflit
Rome, 16 octobre 2008 (Apic) Dans la matinée du 15 octobre 2008, lors de la 16e congrégation générale du Synode des évêques, plusieurs prélats africains ont évoqué la situation instable de leurs pays, ainsi que les difficultés et tensions que cela entraîne dans la vie de l’Eglise et son enseignement.
Alors que le Burundi est à peine sorti «d’une longue décennie d’instabilité et de violence fratricide causée par une impitoyable lutte pour le pouvoir», l’évêque de Bururi, Mgr Venant Bacinoni, a ainsi indiqué qu’une «telle situation ne permet pas d’aborder la Parole de Dieu avec sérénité et profit». «Nos populations sont meurtries et tenaillées par une grande pauvreté économique, accentuée par une faim chronique due aux aléas climatiques, à l’érosion non maîtrisée et à une agriculture aux méthodes primitives», a ainsi expliqué le prélat burundais, ajoutant qu’elles sont aussi «confrontées à des difficultés financières pour l’éducation scolaire des enfants et l’accès aux soins médicaux».
Ces populations, a insisté Mgr Venant Bacinoni, «doivent ainsi affronter une lutte quotidienne pour la survie». Dans cette situation, a-t-il conclu, «beaucoup de gens ne croient plus à la capacité de la Parole de Dieu de changer leur vie, d’où certains se tournent vers les sectes, avec le risque d’être vite désabusés».
Au Zimbabwe, l’évêque de Hwange, Mgr Joseph Albert Serrano Antón a déploré une «situation sociopolitique et économique instable». A ses yeux, celle-ci «affecte la vie de l’Eglise cédant à l’égoïsme et même à la haine et la violence parmi les membres de la même paroisse à cause de leur affiliation à des partis politiques opposés». Il s’est alors demandé comment présenter la Parole de Dieu dans une telle situation.
Evêque de Viana, en Angola, Mgr Joaquim Ferreira Lopes a quant à lui souhaité «rendre hommage aux catéchistes, hommes et femmes, au courage farouche qui, ayant reçu la foi et en restant fidèles, ont réussi pendant des dizaines d’années lorsque la guerre ravageait le pays, à maintenir les communautés vivantes au prix de leurs propres vies». Il y a eu en Angola, a-t-il encore soutenu, «beaucoup de sainteté (…) dans ces communautés».
Au Nigeria, a reconnu pour sa part l’archevêque d’Abuja, Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, «les relations entre chrétiens et musulmans représentent un défi constant». Alors que le pays à été à plusieurs reprises le théâtre d’affrontements interreligieux, le prélat s’est demandé s’il existait réellement «une réciprocité dans les efforts en vue d’avoir de bon rapports». «Quelle que soit la réponse, a-t-il cependant affirmé, le dialogue avec l’islam est nécessaire, peu importe s’il est difficile».
Construire un monde meilleur fait partie de la mission de l’Eglise», a encore affirmé l’évêque nigérian avant d’inviter à «collaborer avec ceux qui partagent avec nous cette même sollicitude». «C’est certainement un défi urgent pour les deux plus grandes religions de la planète», a conclu Mgr John Olorunfemi Onaiyekan. (apic/imedia/ami/js)
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