La Monuc n’a pu enrayer la progression des rebelles vers Goma
Kinshasa, 31 octobre 2008 (Apic) Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a lancé le 30 octobre un appel pour la paix au Congo. Il appelle en particulier les belligérants «au respect des différents accords de paix qu’ils ont signés».
Cet appel intervient dans une situation de crise aiguë à l’est de la République démocratique du Congo. Des verrous stratégiques importants ont été occupés par les rebelles CNDP du général Laurent Nkunda dans le Nord Kivu. Suite à cela, le commandant en chef de la Monuc (les casques bleus de l’ONU), le général Vicente Diaz de Villegas, a présenté sa démission trois semaines après sa nomination.
Sans son appel, le cardinal Martino a demandé aux belligérants de «renoncer à la logique de la confrontation» et à la communauté internationale d’intervenir «de tout son poids dans la résolution de cette crise». Il a souligné que la crise devait être résolue en tenant compte de la sécurité de tous les habitants de la région des Grands lacs.
Une tentative du Rwanda de remettre le compteur à zéro
Dans un communiqué diffusé le 30 octobre, le Réseau d’organisations des droits humains et d’éducation civique d’inspiration chrétienne en République démocratique du Congo (RODHECIC) affirme que «la guerre qui sévit à l’Est de la République Démocratique du Congo, est une tentative de remettre en cause tout le processus de paix entamé en depuis 1999, notamment l’accord de Lusaka, les élections en RDC, le pacte de stabilité de Nairobi, la déclaration de Nairobi, l’acte d’engagement de la Conférence de Paix sur le Nord et le Sud – Kivu et le programme Amani. Bref une tentative du Rwanda de remettre le compteur à zéro». Cette organisation dénonce le «génocide» à l’encontre des hutus perpétré par les rebelles du général Laurent Nkunda, des Congolais tutsis soutenus par le Rwanda.
Dans une série d’appels à la communauté internationale, le RODHECIC demande notamment à «l’Union européenne de répondre sans tergiversation à la proposition française d’envoyer des troupes à l’Est de la RDC» et «à la communauté humanitaire de mobiliser et de lancer une aide urgente au bénéfice des populations déplacées et celles de Goma asphyxiées».
«Les Casques bleus sont incapables d’assurer la sécurité de la population de Goma, donc comment pourraient-ils m’interdire d’aller là-bas? Ils ne m’en empêcheront pas, je peux aller partout au Congo», a déclaré mercredi le général Laurent Nkunda. De fait, la Monuc, pourtant forte de 17’000 hommes dans le pays dont 7’000 environ déployés à l’est, a été incapable d’enrayer la progression des troupes rebelles. Celles-ci campent actuellement à quelques kilomètres de Goma, la principale ville du Nord-Kivu à la frontière avec le Rwanda, qui a abandonnée autant par l’armée nationale que par la Monuc. et que les troupes de Nkunda s’apprêtent à contrôler. (apic/imedia/com/ag/bb)
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