Bolivie: Le pape soutient l’action politique des évêques boliviens
Rome, 10 novembre 2008 (Apic) Benoît XVI a soutenu l’action menée par les évêques boliviens dans les «circonstances difficiles» que traverse leur pays, le 10 novembre 2008. En recevant en audience au Vatican les membres de la Conférence épiscopale de Bolivie en visite «ad limina» à Rome, le pape a encouragé l’action des évêques en faveur de la réconciliation et de la paix alors que cet Etat d’Amérique latine vient de traverser plusieurs mois de tensions politiques entre le gouvernement du président socialiste Evo Morales et l’opposition.
«Je connais bien, a ainsi confié Benoît XVI aux évêques, les circonstances difficiles qui touchent les fidèles et les habitants de votre pays depuis un certain temps et qui, en ce moment, semblent s’accentuer encore plus». Le pape a alors encouragé l’épiscopat qui «a su accompagner de très près tous les Boliviens dans des situations délicates avec pour unique objectif de nourrir l’espérance, de stimuler la foi, de promouvoir l’unité, d’exhorter à la réconciliation et de sauvegarder la paix».
Les évêques boliviens ont en effet maintes fois pris la parole pour tenter d’apaiser la situation politique du pays qui vient d’être le théâtre de vives tensions entre le gouvernement socialiste et ses opposants libéraux qui contestaient le projet de Constitution du président Evo Morales.
La Bolivie s’est même retrouvée, en septembre, au bord de la guerre civile. Ces tensions ont baissé avec l’approbation par le Congrès bolivien, le 21 octobre dernier, d’une loi convoquant pour le 25 janvier 2009 un référendum sur ce projet controversé de Constitution qui entend mettre en avant des droits des indigènes, majoritaires dans le pays. Comme dans d’autres pays d’Amérique latine, les Indios, victimes d’exploitation et de racisme, ont été longtemps les laissés-pour-compte de leur société.
Les évêques, parfois accusés de soutenir les grands propriétaires terriens, ont salué l’annonce de ce référendum. Par le passé, ils se sont aussi fortement opposés à la réforme laïque du système scolaire bolivien, voulue par le président Morales.
Devant le pape, le cardinal Julio Terrazas Sandoval, archevêque de Santa Cruz et président de la Conférence épiscopale bolivienne, a ainsi évoqué les changements profonds que vit actuellement la Bolivie, affirmant que les moyens mis en oeuvre par les autorités «ne semblent pas suffisants et adéquats pour construire ensemble une Bolivie pour tous». Il a aussi regretté que de nombreuses manifestations de haine et de racisme aient «affaibli l’Etat de droit».
Par ailleurs, face aux autres défis qui se présentent à l’Eglise bolivienne en matière de pastorale, Benoît XVI a encouragé la «dévotion populaire», une «catéchèse systématique, généralisée et pénétrante», ainsi qu’une «éducation générale de qualité». Le pape a également demandé aux évêques d’offrir une solide formation humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale aux séminaristes et de garantir la formation permanente du clergé et des agents pastoraux.
En outre, Benoît XVI a relevé que l’amour du prochain et «le service désintéressé des frères» étaient «un aspect qui occupe une place très importante dans l’action pastorale en Bolivie devant la situation de pauvreté, de marginalisation et de détresse d’une bonne partie de la population». Au coeur de l’Amérique latine, entourée par le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, le Chili et le Pérou, la Bolivie compte près de 95 % de fidèles catholiques. (apic/imedia/ami/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/bolivie-le-pape-soutient-l-action-politique-des-eveques-boliviens/