Rome: Shoah, le Saint-Siège estime que le devoir de mémoire est nécessaire
Rome, 10 novembre 2008 (Apic) Dans la ville allemande de Nuremberg, «lieu riche de mémoire», Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, a souligné l’importance du devoir de mémoire pour que «le mal ne l’emporte plus sur le bien, comme ce fut le cas pour des millions de juifs».
S’exprimant devant les participants au IVe Séminaire du Conseil de l’Europe des ministres de l’éducation des pays signataires de la Convention culturelle européenne (Nuremberg-Dachau, du 5 au 7 novembre 2008), il a par ailleurs mis ces derniers en garde contre le retour «à la barbarie». Le séminaire portait sur le thème «Enseigner la mémoire: pour vivre dans une Europe de liberté et de droit». Intervenant sur ce thème, Mgr Bruguès a ainsi rappelé que des événements «proprement dramatiques» s’étaient produits à Nuremberg, à une époque où «la liberté et la justice ont été niées et la dignité humaine piétinée».
Le prélat a alors souhaité que nulle part dans le monde ne se reproduisent de telles tragédies, ce qui explique la volonté du Saint-Siège de faire de la mémoire un lieu d’enseignement pour conduire «au dialogue, à la prévention des crimes contre l’humanité, à la consolidation de l’Europe du droit et de la liberté».
Le secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique a en outre fait appel à la passion pour la justice et la liberté pour ne pas retomber dans la barbarie des totalitarismes irrespectueux de l’homme, invitant les Etats à «redoubler d’efforts pour libérer l’homme du spectre du racisme, de la xénophobie, de l’asservissement, de l’exclusion et de la marginalisation».
«Il faut extirper jusqu’aux racines de ces maux qui continuent à se manifester dans les sociétés de ce temps», a-t-il ajouté. Mgr Bruguès a ensuite salué l’initiative de la «Journée de la mémoire et de la prévention des crimes contre l’humanité», particulièrement bienvenue à une époque où les témoins de cette tragédie se font plus rares. Trois jours plus tard, lors de prière de l’Angélus du 9 novembre, le pape a évoqué le 70e anniversaire de la «Nuit de Cristal», qui a entraîné la destruction de 267 synagogues ainsi que de plusieurs milliers de magasins appartenant à des juifs. Plus d’une centaine de juifs furent assassinés à cette occasion et des milliers d’autres déportés dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938.
Benoît XVI a rappelé «ce triste événement» où s’est «déchaînée en Allemagne la furie nazie contre les juifs». C’est là qu’a vraiment commencé la persécution systématique et violente des juifs allemands qui s’est terminée avec la Shoah, la destruction physique des juifs. Le pape a souhaité à cette occasion un engagement à tous les niveaux contre toute forme d’antisémitisme et de discrimination en éduquant surtout les jeunes générations au respect et à l’accueil mutuel.
Créée en 1955, la Convention culturelle européenne a pour objectif de développer la compréhension mutuelle entre les peuples d’Europe et l’appréciation réciproque de leurs diversités culturelles, de sauvegarder la culture européenne, de promouvoir les contributions nationales à l’héritage culturel commun de l’Europe. (apic/imedia/cp/be)
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