L’étrange constat de la Conférence des femmes de la FEPS

Berne: Les femmes souffrent de dépression, les hommes de burnout

Berne, 11 novembre 2008 (Apic) Il y aurait des différences de comportement dans l’approche de la santé par les hommes et les femmes, a constaté l’assemblée commune des Conférence Femmes et de Diaconie de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), le 11 novembre à Berne. Qui précise qu’il faut éviter les stéréotypes.

Sur le thème « Santé, travail et genre : l’image de l’être humain dans une perspective protestante », 120 délégués des Conférence Femme et de Diaconie de la FEPS sont arrivés à la conclusion que « les femmes souffrent de dépression, les hommes de burnout. »

Cette constatation a été confirmée par Ursula Stüdi, collaboratrice scientifique à l’Office fédéral de la santé publique. Selon ses propos, les maladies cardiovasculaires comme causes de décès sont 1,6 fois plus élevées chez les hommes que chez les femmes. Ces dernières sont en revanche 2 fois plus concernées par la dépression que les premiers. Le nombre d’hommes dépendants de l’alcool est deux fois plus élevé que celui des femmes.

Selon Ursula Stüdi, « s’il est typiquement féminin de s’occuper de sa santé, il est spécifiquement masculin de nier signaux d’alarme et douleurs. » De plus, les femmes recourent deux fois plus à l’aide médicale que les hommes.

Les maladies psychiques sont plus souvent diagnostiquées chez les femmes, tandis que les diagnostics uniquement physiques prédominent chez les hommes. 90% des suicides sont pourtant la conséquence immédiate d’une maladie psychique. Et comme les suicides sont plus de deux fois plus nombreux chez les hommes que chez les femmes, on doit supposer que « les dépressions restent souvent non reconnues et non traitées chez les hommes » a résumé la conférencière.

La théologienne et germaniste protestante Ina Praetorius a pour sa part affirmé que les femmes ont moins honte de leur faiblesse et que cela fait partie de leur nature émotionnelle. Pour elle, les hommes se définissent à travers leur capacité de performance, c’est pourquoi « il est plus flatteur de leur attribuer un nom de maladie qui atteste qu’ils ont trop travaillé ». Elle a également préconisé que soit abandonnée l’opposition entre « santé » et « maladies diverses », pour parler plutôt de « santés diverses ».

Au cours de sa partie statutaire, l’assemblée a fait ses adieux au président de la Conférence de Diaconie, Christoph Sigrist. Les délégués de la Conférence de Diaconie ont élu à sa succession dès 2009 Konrad Meyer (Bâle). En outre, Olivier Favrod (Vaud) a été élu au Comité de la Conférence de Diaconie. (apic/com/js)

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