Congo/RDC: Ferme condamnation des évêques
Kinshasa, 13 novembre 2008 (Apic) Réunis en session extraordinaire à Kinshasa, le Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) condamne avec fermeté les violences qui agitent le pays. Il s’en prend aussi au laxisme de la communauté internationale.
Dans un communiqué diffusé ce jour, les évêques disent: «Nous condamnons avec véhémence cette manière ignoble de considérer la guerre comme moyen pour résoudre les problèmes et accéder au pouvoir. Nous dénonçons tous les crimes commis sur des paisibles citoyens et désapprouvons de la manière la plus absolue toute agression du territoire national. Nous fustigeons le laxisme avec lequel la Communauté internationale traite le problème de l’agression dont notre pays est victime».
La reprise des hostilités dans l’est et nord-est du pays est inadmissible, disent-ils et ils déplorent que «malgré nos appels pathétiques aussi bien à nos gouvernants qu’à la Communauté internationale, hélas !, la situation dans cette partie de notre pays n’a fait qu’empirer. Elle vient d’atteindre des proportions insupportables, très inquiétantes et susceptibles de déstabiliser toute la sous-région si on n’y prend garde. Un vrai drame humanitaire qui s’apparente à un génocide silencieux dans l’est du Congo se déroule sous les yeux de tous. De nouveau une cruauté d’une exceptionnelle virulence est en train de se déchaîner contre les populations locales qui n’ont jamais exigé autre chose qu’une vie paisible et décente sur leurs terres. Qui aurait intérêt à un tel drame ?».
L’aspect le plus regrettable, ajoutent-ils «c’est que ces événements malheureux ont lieu sous l’oeil impassible de ceux qui ont reçu le mandat de maintenir la paix et de protéger la population civile. Nos propres gouvernants se montrent impuissants devant l’ampleur de la situation, donnant l’impression de ne pas être à la hauteur des défis de la paix, de la défense de la population congolaise et de l’intégrité du territoire national». Les évêques soulignent ensuite que «les ressources naturelles du Congo alimentent la convoitise de certaines puissances et ne sont pas étrangères à la violence que l’on impose à sa population. En effet, tous les conflits se déroulent dans les couloirs économiques et autour des puits miniers. On a l’impression d’une grande complicité qui ne dit pas son nom. La grandeur du Congo et ses nombreuses richesses ne doivent pas servir de prétexte pour en faire une jungle. Nous demandons au peuple congolais de ne jamais céder à toute velléité de balkanisation de son territoire national». Les évêques congolais demandent «instamment la cessation des hostilités et la garantie des conditions de sécurité pour le retour des déplacés sur leurs terres» et «un accroissement de l’aide humanitaire en faveur des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants entassés dans des camps»; ils invitent «toute la population congolaise à un sursaut national pour vivre en frères et soeurs, dans la solidarité et la cohésion nationale, afin que le Congo ne sombre pas dans la violence et les divisions». Les prélats concluent en demandant au gouvernement congolais et à la communauté internationale de faire tout leur possible pour mettre fin aux violences: «Tout le monde gagnera avec un Congo en paix plutôt qu’un Congo en guerre». (apic/misna/js)
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