Rome: Le Saint-Siège condamne l’arrêt de l’alimentation artificielle d’Eluana Englaro

Un acte de «déshumanisation»

Rome, 14 novembre 2008 (Apic) Le président du Conseil pontifical pour la santé a fortement condamné, le 14 novembre, la décision prise la veille par la Cour de cassation italienne d’autoriser l’arrêt de l’alimentation artificielle d’Eluana Englaro, une femme dans le coma depuis 1992. Le cardinal Javier Lozano Barragan a jugé que l’interruption de l’alimentation et de l’hydratation d’une personne dans le coma était un acte de «déshumanisation».

«Interrompre l’alimentation et l’hydratation signifie faire mourir le patient de faim et de soif», a ainsi expliqué le cardinal Lozano Barragan au quotidien italien La Repubblica, affirmant que l’on «ne peut pas causer la mort d’un innocent en lui procurant des souffrances ultérieures». «Cette interruption génère de nombreuses souffrances pour le patient, le condamnant à une mort terrible de faim et de soif». Pour le président du Conseil pontifical pour la santé, «nous sommes face à une déshumanisation».

«Et puis que savons nous? Il semble qu’elle ne comprenne et ne ressente rien, mais qui peut dire ce qui se passe à l’intérieur d’elle-même?», a ajouté le cardinal mexicain. «Est-ce éthique?» de réagir ainsi, s’est-il encore demandé. «On ne coupe que les plantes. Pas les êtres humains».

Le cardinal Lozano Barragan a enfin expliqué que «l’unique exception» pour arrêter d’alimenter un patient est lorsqu’il «se trouve en phase terminale et est déjà en train de mourir». «Dans un tel cas, lui donner à manger et à boire serait inutile». «Il n’existe pas de droit de mourir, la vie est sacrée», a en outre affirmé le prélat dans un entretien accordé le même jour à La Stampa.

La nourriture et l’eau «ne sont pas des thérapies extraordinaires»

Interviewé le 13 novembre par les agences de presse italiennes, le président du Conseil pontifical pour la santé s’était déjà élevé contre la décision de la Cour de Cassation. Pour le haut prélat, en effet, la nourriture et l’eau «ne sont pas des thérapies extraordinaires qui peuvent être suspendues: les interrompre revient à tuer Eluana (…), c’est une monstruosité».

Le même jour, sur Radio Vatican, le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Rino Fisichella, avait quant à lui qualifié cette décision de «fait très grave» et d’»atteinte à la vie». Celui qui est également aumônier de la Chambre des députés italienne avait accusé la justice «d’envoyer une jeune femme de 37 ans à la mort dans une grande souffrance». Il avait immédiatement réclamé une loi qui empêche ’toute euthanasie active ou passive en Italie’. Dans un communiqué publié le 13 novembre, la Conférences épiscopale italienne avait rappelé que, «à plusieurs reprises, l’Eglise a fait part de sa conviction que l’alimentation et l’hydratation ne constituent pas une forme d’acharnement thérapeutique».

Le 13 novembre, la Cour de cassation italienne a levé le dernier obstacle juridique à l’arrêt de l’alimentation artificielle d’Eluana Englaro, dans le coma depuis 1992. Son père avait demandé depuis des années qu’elle cesse d’être maintenue en vie artificiellement.

Encadré:

Un acte approuvé par l’Eglise évangélique italienne

«Un acte de justice et de respect». C’est ainsi qu’a qualifié l’Eglise évangélique italienne le jugement adopté par la Cour de cassation italienne autorisant l’arrêt de l’alimentation artificielle d’Eluana Englaro. Cette décision respecte la volonté personnelle et tient compte de l’amour des parents pour leur enfant, a expliqué le 14 novembre le président de la Fédération des Eglises évangéliques en Italie (FCEI), Domenico Maselli. «En tant que chrétiens, nous sommes convaincus que nous ne pouvons pas décider nous-mêmes de la durée de notre vie», a-t-il ajouté, en soulignant que comme croyants, nous n’avons pas à accorder plus de confiance à un appareil qu’à «l’intervention du Seigneur, qui est prêt à écouter ses enfants».

(apic/imedia/ms/cic/job/bb)

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