Suisse romande: Le Circo Capuchini se produit au début du mois de décembre
Fribourg, 18 octobre 2008 (Apic) Des jeunes chrétiens colombiens, issus des quartiers pauvres de Cali, sont de passage en Suisse romande dans le cadre des représentations du Circo y Teatro Capuchini, animé par un groupe d’acteurs de la paroisse San Luis Beltrán.
C’est dans cette paroisse du district d’Aguablanca, l’un des secteurs les plus marginalisés de Cali, avec une population de 700’000 habitants, qu’a travaillé comme prêtre «fidei donum» durant 7 ans un Fribourgeois, l’abbé Joseph Demierre. Au sein de la paroisse San Luis Beltrán, voilà dix ans, un groupe de jeunes a décidé, afin de sortir du cercle de la violence qui règne dans le pays et dans la ville, de créer une troupe qui fait du cirque, du mime, du théâtre. Cette troupe a été créée par Alexander (30 ans) et Martha (31 ans).
Chaque année Missio-Suisse propose une communion plus étroite avec une Eglise sur un autre continent à l’occasion du Mois de la Mission Universelle, et cette année, c’était la Colombie – un pays marqué par la violence et une grande précarité pour les plus pauvres – qui était au centre de cette journée. Missio coordonne depuis 20 ans les Chanteurs à l’étoile en Suisse alémanique.
Cette tradition ancestrale est ainsi devenue une importante action de solidarité, selon la devise de Missio-enfance: «Les enfants aident les enfants». Pour marquer cet anniversaire, une délégation de huit personnes du Circo y Teatro Capuchini fait une tournée exceptionnelle en Suisse à la fin de cette année. Cette délégation proposera des représentations-spectacles en Suisse et en Allemagne.
Le Circo se produira auprès de groupes de Chanteurs à l’étoile, dans des écoles et lors de célébrations. Elle prépare en particulier une représentation mêlant acrobaties, danses, scènes autour de la situation en Colombie, mais aussi échanges et dialogue avec le public.
Plusieurs rencontres et représentations cantonales sont prévues :
– Vendredi 5 décembre: 17h45 Rencontre avec des confirmands et le MADEP (ouvert aux jeunes) 20h30 Prière pour la paix, Paroisse St-Etienne, Lausanne (tout public)
– Samedi 6 décembre: fin de matinée et début d’après-midi, Marché de la St-Nicolas à Fribourg (tout public)
– Samedi 6 décembre: 20h, Grande salle Notre-Dame de la Paix à la Chaux-de-Fonds (tout public)
– Dimanche 7 décembre: 17h, Eglise de St-Nicolas à Neuchâtel; messe espagnole, puis rencontre festive avec la délégation du Circo (tout public)
– Lundi 8 décembre: Dès 16h00, Maison Vaudagne à Meyrin; Animation avec une soixantaine de jeunes suivie en début de soirée d’un repas/partage
Encadré
Un projet mis sur pied dans les années 90 par les Missionnaires de Bethléem Immensee
Avec leur fils Alejandro, Martha et Alexander travaillent bénévolement dans leur propre paroisse de San Luis Beltrán, à Cali (une ville qui compte 3,5 millions d´habitants), auprès des enfants et des jeunes. Alexander dirige le Circo Capuchini, un projet mis sur pied dans les années 90 par les Missionnaires de Bethléem Immensee, et porté par les responsables de la paroisse: l’abbé Joseph Demierre, «Padre José», et les assistants pastoraux Sabina Brandenstein et Erwin Schäfer.
Si la Colombie est le plus beau pays du monde, nous dit Frère Bernard Maillard, directeur national de Missio Suisse/Liechtenstein, il reste toutefois que ce pays d’Amérique latine souffre aussi de graves maux sociaux, notamment les enlèvements, les exécutions extrajudiciaires, les violations des droits de l´homme. Mais, relève-t-il, «fort heureusement, il y a en Colombie des femmes et des hommes que rien n´arrête. Il est essentiel d´offrir à des jeunes un espace pour se retrouver, discuter de leurs questions, entre autres celles qui les concernent de près: la violence, fréquente au sein de la famille, la violence au sein des bandes (banditisme), la violence des divers groupes armés. Il est plus qu’évident que rien ne va changer sans réconciliation et sans justice, au niveau de la vie familiale et publique».
A Aguablanca, une grande partie du quartier, autrefois bidonville, est urbanisée, mais les nombreux problèmes d’une ville qui a grandi trop vite demeurent: mauvaise réputation, taux élevé de chômage, criminalité – surtout parmi les jeunes – , marginalisation de la population noire, bidonvilles où s’installent sans cesse de nouveaux déplacés par le conflit armé et la violence.
Le Circo Capuchini s’est fixé comme objectif d’offrir aux jeunes de la paroisse une occupation attractive pendant leur temps libre, avec possibilité de faire de l’acrobatie, mais aussi de s’intéresser aux questions de société (vie dans le quartier; violence, guerres, etc.) et aux questions de foi (spiritualité vécue, Eglise, place de la paroisse…).
En raison du contexte sociopolitique, il y a à Aguablanca beaucoup de jeunes qui font partie de bandes et qui consomment de la drogue. Ils sont nombreux à venir de la campagne et habitent à Cali, dans les bidonvilles qui s’étalent le long du fleuve. Ils n’ont souvent aucune possibilité d’aller à l´école ou de trouver une activité régulière. C’est pourquoi ils survivent en volant, même entre eux.
«Dans certains endroits, explique Alexander, le fondateur du Circo Capuchini, on n’ose même pas sortir avec une montre, un vélo ou de bons souliers de peur de se faire agresser et détrousser. Cette situation est pénible. Au Circo, les jeunes peuvent se rencontrer et réfléchir sur leur façon de vivre, sur l’organisation de la vie quotidienne, sur ce qui est à faire dans une situation donnée. Nous nous efforçons de les conscientiser. Le Circo n’offre pas de soutien matériel aux jeunes et ils ne sont pas payés pour les représentations. Leur salaire est d’une autre nature».
«Le Circo est un peu comme un bouclier derrière lequel on peut se protéger, souligne à son tour Martha, l’épouse d’Alexander. Mais on doit aussi voir au-delà et chercher à connaître les jeunes dans leur contexte familier. De temps en temps nous organisons des ateliers auxquels les parents sont invités. Nous croyons à la valeur de la communauté paroissiale. Avec les jeunes du Circo, nous réfléchissons au sens donné aux mots tels que solidarité, amour, etc. Le Circo est donc une réponse possible aux jeunes qui veulent organiser leur temps libre de manière intelligente. Les jeunes profitent des multiples activités du Cirque. En même temps, ils sont en contact avec différentes activités de la paroisse. Ils peuvent ainsi, s’ils le souhaitent, s’engager par exemple dans la catéchèse, accompagner un groupe d’enfants ou participer à la transmission de la Bonne Nouvelle d´une manière ou d´une autre. Ils ont ainsi la possibilité de prendre peu à peu des responsabilités».
Alexander et Martha, après de grandes difficultés avec l’Eglise-institution afin que le Circo puisse être reconnu comme partie intégrante de la paroisse, sont aujourd´hui unanimes: «Le Circo mène à Dieu, même chez les jeunes pour qui, de nos jours, Dieu n’est plus une préoccupation. Avec nous, ils font l’expérience qu’on peut également rencontrer Dieu dans le cadre des activités du Circo, et pas seulement à la messe…» (apic/missio/smb/be)
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