Belgique: L’Université catholique de Louvain s’interroge sur son identité
Louvain, 23 novembre 2008 (Apic) Université catholique de Louvain ou université de Louvain? Depuis plus d’un mois, le monde académique belge débat sur la suppression ou non du « c », comme catholique, pour la dénomination de la grande université francophone de Louvain-la-Neuve, indique le quotidien français «La Croix» dans un dossier consacré au sujet.
« Le caractère d’ouverture et d’universalité liée, depuis le Moyen Âge, à l’institution universitaire me paraît devoir primer sur l’image restrictive et de moindre tolérance qui risque d’être associée, dans certains contextes sociaux, à l’adjectif catholique », écrit un professeur émérite parmi les nombreux signataires d’une pétition appelant à biffer la référence catholique.
Un contre-appel à maintenir le « c » a aussitôt été lancé. Le débat identitaire se poursuit à coups de tribunes dans le quotidien La Libre Belgique, qui héberge aussi un forum sur la question, indique «La Croix».
La fusion prévue entre l’UCL et trois autres universités, à Bruxelles, Mons et Namur, pour former à moyen terme une seule université, est à l’origine de la remise en cause du nom actuel. « Il ne s’agit pas pour nous de modifier l’esprit de nos quatre institutions, mais de donner à l’université qu’elles vont former ensemble un nom qui ne trompe pas sur leur réalité », explique à «La Croix» Philippe Van Parijs, meneur du mouvement. Pour ce professeur d’éthique économique, il s’agit « de revenir au nom que cette institution a porté pendant quatre siècles pour désigner la nouvelle université en voie de création ».
Fondée en 1425, l’institution où séjourna Érasme s’est de fait appelée, des siècles durant, université de Louvain. L’adjectif « catholique » lui a été accolé lors de sa réouverture en 1834, après sa fermeture en 1797 pendant l’occupation française. Dans une Belgique alors naissante, il s’agit d’affirmer l’obédience catholique face aux libéraux, qui créent au même moment leur propre institution, l’Université libre de Bruxelles (ULB). Aujourd’hui plus de 21’000 étudiants, venant du monde entier, fréquentent l’université à l’emblème marial.
Les évêques laissent le débat
Si l’archevêque de Malines-Bruxelles, le cardinal Godfried Danneels, reste grand chancelier de l’université, celle-ci n’est plus dirigée depuis la fin des années 1980 par un prélat. Les évêques de Belgique préfèrent d’ailleurs, pour l’heure, laisser la communauté universitaire débattre publiquement sans interférer. Ils ont seulement exprimé leur attachement à la référence catholique, qui « respecte l’histoire de nos universités et exprime l’esprit qui les anime ». « Elle ne fait pas obstacle à la liberté académique et renforce par les valeurs de l’Évangile la capacité d’accueil des jeunes sans distinction de culture ou de conviction. »
Selon Sébastien Maillard, auteur de l’article à Bruxelles, l’actuel recteur, Bernard Coulie, est réputé hostile au changement de nom. Mais il sera bientôt soumis à réélection pour un deuxième mandat. Quant aux autres universités, ni l’homologue catholique flamande de Louvain, la KUL, ni l’ULB ne manifestent l’intention de changer de nom. (apic/cx/sb/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/belgique-l-universite-catholique-de-louvain-s-interroge-sur-son-identite/