Saint-Domingue, 23 novembre 2008 (Apic) Au terme d’un procès qui a duré plus de dix ans, un tribunal de San Pedro de Macorís, en République dominicaine, a émis une sentence inédite en faveur de 500 journaliers haïtiens qui réclament à une société sucrière privée dominicaine un contrat d’embauche régulier avec une rétribution adéquate et une assurance sanitaire. La juge, Ana Maria Pérez, a ordonné à la compagnie Cristobal Colón du groupe Vicini, un des plus anciens dans le secteur de la canne à sucre dominicaine, de « formaliser par écrit » les contrats d’embauche des immigrés, excluant toute possibilité de recours à cette sentence. La cour a ainsi rejeté les arguments de la société qui avait déclaré n’avoir pas pu régulariser la situation des immigrés car ces derniers ne possédaient aucun papier d’identité: « Chacun des demandeurs a été pleinement identifié avec un chiffre que la société avait elle-même attribué », a précisé la juge, rappelant aussi que la « nature transitoire » des travaux exécutés par les migrants haïtiens ne dispense pas la société de reconnaître leurs droits. Les migrants haïtiens sont fréquemment employés et exploités en toute clandestinité par des sociétés dominicaines dans les secteurs de l’agriculture et du bâtiment. En l’absence d’un recensement officiel, on estime que le nombre de clandestins haïtiens en République dominicaine s’élève à trois millions et demi. (apic/misna/pr)
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