Ne pas perdre l’espoir
Manille, 9 décembre 2008 (Apic) La pasteure américaine Vanessa D. Sharp, «survivante» du sida, témoigne. Elle avait répondu à une campagne annuelle de son employeur en 1990 pour donner du sang, une action charitable qu’elle avait déjà faite auparavant. Cette fois-ci, elle reçut une lettre du bureau de la Croix-Rouge américaine à Atlanta, en Géorgie, disant : «Nous devons vous parler en personne.»
Lorsqu’elle s’est présentée à la Croix-Rouge, on lui a dit: «Vos tests sanguins indiquent que vous êtes séropositive». Vanessa D. Sharp raconte : «Au départ, j’ai été incrédule, puis je me suis effondrée en larmes. Mais je me suis confiée au Seigneur dans la prière en espérant que je pourrais vivre assez longtemps pour voir mon plus jeune enfant [qui avait sept ans] fêter ses 18 ans et terminer le lycée».
Aujourd’hui théologienne et membre du Conseil exécutif de l’Association presbytérienne d’éducation et d’assistance en matière de santé de l’Eglise presbytérienne, représentant le Réseau presbytérien du sida à Atlanta et en Afrique du Sud, la pasteure Sharp a raconté son histoire au correspondant d’ENI lors d’un voyage en Indonésie cette année.
Divorcée une première fois en 1985, elle pense que c’est son second mari qui lui a transmis le virus. Malgré son statut, elle a répondu à ce qu’elle considérait comme un «appel de Dieu» et est devenue pasteur en 1995, une décision qui a poussé son second mari à la quitter, la laissant élever seule ses quatre enfants.
Grâce à des prêts et des bourses pour étudiants et à l’aide qu’elle a trouvée en s’impliquant dans la chorale de l’église, Vanessa Sharp a pu terminer l’université de théologie tout en élevant ses enfants, «même si nous devions vivre dans un appartement exigu sur le campus.»
Elle s’est soumise à tous les traitements disponibles pour sa maladie. A sa surprise et à celle de ses médecins, des résultats ont indiqué en 1997 que son système immunitaire s’était amélioré de 1 à 700, un niveau considéré normal.
«Si je devais faire un test sanguin, le virus ne pourrait pas être détecté dans mon système. Le médicament a bien marché pour moi», a-t-elle déclaré.
Avant de prononcer la première prédication, le 1er juin 1997, Vanessa Sharp a informé sa famille de sa séropositivité, qu’elle avait cachée pendant des années. Une semaine avant cette prédication, elle a parlé de sa maladie à ses enfants, 30 minutes après l’avoir dit à son père. Elle a également dévoilé son statut à ses proches amis. «Le soutien a été énorme», a-t-elle affirmé.
«Je suis aujourd’hui un instrument et une servante que Dieu utilise pour ouvrir les yeux de ceux qui sont infectés et affectés par cette maladie qui menace la vie», a expliqué la pasteur Sharp qui, à 55 ans, a l’air suffisamment en bonne santé pour poursuivre son ministère de nombreuses années.
Se présentant comme un témoin, la pasteur Sharp a déclaré que les personnes vivant avec le sida ne devaient pas perdre l’espoir, car une aide médicale, financière et spirituelle peut leur être apportée. Aujourd’hui, elle explique dans ses prédications comment tendre la main aux personnes vivant avec le sida, les accompagner et faire preuve de compassion envers eux, afin qu’eux aussi puissent dire un jour : «Je suis un survivant.» (apic/eni/js)
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