Colombie: Campagne contre les menaces visant la Pastorale Sociale du diocèse de Tumaco
Tumaco, 10 décembre 2008 (Apic) Les groupes paramilitaires d’extrême-droite colombiens ont pris pour cibles les organisations de défense des droits de l’Homme de Tumaco, un port du département du Nariño, à l’extrême Sud-Ouest de la Colombie. Mgr Gustavo Giron Higuita, évêque de Tumaco, a lancé début décembre un appel à la mobilisation internationale afin de protéger les membres de la Pastorale Sociale de son diocèse.
Du 4 au 10 décembre, tous les jours à midi, toutes les paroisses des 9 communes du diocèse de Tumaco ont fait sonner leurs cloches en signe de solidarité et de rejet des menaces envoyées par les groupes paramilitaires. Le 10 décembre, journée internationale des Droits de l’Homme, une eucharistie a été mise sur pied au plan national. Ces actions font partie d’une vaste campagne en faveur de la Pastorale Sociale du diocèse de Tumaco.
Mgr Gustavo Giron Higuita a demandé à la Conférence des évêques de Colombie et à l’épiscopat national de publier une déclaration exigeant que «les groupes en marge de la loi» cessent d’adresser des menaces contre la Pastorale Sociale du diocèse de Tumaco, les personnes et les autres organisations qui travaillent pour la protection des Droits Humains. Des militants des communautés indigènes, «afrodescendientes» (populations noires descendantes des anciens esclaves emmenés d’Afrique) et paysannes sont également sur la liste noire de ces «paracos» (paramilitaires).
Le bureau de la Pastorale Sociale de Tumaco a reçu à plusieurs reprises ces dernières semaines des menaces très claires signées des «Autodefensas Gaitanistas de Colombia» (AGC), un groupe «narco-paramilitaire» commandé par Daniel Rendon Herrera, alias Don Mario. Les autorités militaires colombiennes – contrairement à ce que prétend cette milice clandestine – affirment qu’il ne s’agit pas d’un groupe «émergent», c’est-à-dire issu des «Autodéfenses Unies de Colombie» (AUC), les groupes paramilitaires officiellement dissous les années précédentes par le gouvernement du président Alvaro Uribe.
Le Centre de la Pastorale Sociale de Tumaco, un diocèse situé tout près de la frontière équatorienne, ne prend pas les menaces des groupes clandestins à la légère. Sa directrice de l’époque, Soeur Yolanda Ceron, a été assassinée en plein jour le 19 septembre 2001 par des paramilitaires en face de l’église «la Merced», dans le Parc Nariño… non loin d’un casernement de la police. La jeune religieuse s’était engagée corps et âme pour la défense des droits des populations noires du Pacifique, n’hésitant pas à rendre publics les abus et les violations dont elles étaient victimes dans cette région du Nariño de la part d’agents de la Force publique alliés aux groupes paramilitaires.
Face à ces nouvelles menaces contre une institution de l’Eglise, Mgr Gustavo Giron Higuita rappelle que le conflit qui ensanglante la Colombie prend ses racines dans le conflit social qui, depuis des siècles, a conditionné l’histoire du pays et que sa solution ne peut pas être trouvée dans la confrontation armée, «mais bien par le biais du dialogue et de profondes réformes économiques et politiques». (apic/com/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse