Vaud: L’Eglise réformée s’implique dans la promotion de l’économie sociale et solidaire
Déo Negamiyimana, pour l’Apic
Lausanne, 28 décembre 2008 (Apic) L’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) s’implique dans la promotion de l’économie sociale et solidaire (ESS). Représentée par «Eglise et Monde du Travail» (EMDT), une association cantonale reconnue par le Conseil synodal comme l’antenne de l’Eglise réformée dans le monde du travail, elle participe désormais, avec une quinzaine d’acteurs vaudois, au lancement du réseau cantonal de l’économie sociale et solidaire.
Deux journées de rencontre sont prévues les 8 et 9 mai 2009 au Centre Verte Rive de Pully pour fonder ce réseau régional. Le pasteur Jean-Pierre Thévenaz, président de l’association, explique ce qu’une Eglise comme la sienne peut apporter au secteur économique en période de récession.
Le Mouvement de l’économie sociale et solidaire (ESS) émerge petit à petit dans le canton de Vaud. Depuis 2004, une quinzaine d’acteurs, dont l’association «Eglise et Monde du Travail», mais également par exemple la Banque Alternative Suisse ou la Fédération Romande des Consommateurs; section VD, se mobilisent pour proposer une voie alternative et innovante et ainsi valoriser l’économie locale, non spéculative et associative.
Pour le pasteur Jean-Pierre Thévenaz, président de l’association, il s’agit encore d’une étape préparatoire. «Au sein de l’Eglise réformée, dit-il, nous voulons, stimuler une coopération entre acteurs de l’économie solidaire, et avec notre expérience du monde du travail, nous sommes intéressés à favoriser ce futur regroupement de forces. Notre rôle est seulement d’animer des réflexions. C’est donc volontiers que nous offrons un soutien, logistique d’une part et éthique d’autre part. Car il importe de montrer les enjeux de ce qui se vit et de ce qui pourra en naître».
Pour ce pasteur éthicien, la démarche du Mouvement de l’économie sociale et solidaire est loin d’être une utopie. «Cela se vit déjà maintenant», indique-t-il, en précisant qu’on trouve actuellement de nombreuses entreprises peu lucratives ou sans but lucratif, dont les objectifs sont sociaux. Pour lui, de telles entreprises se caractérisent par des pratiques essentiellement solidaires, dans les secteurs des services de proximité, de l’insertion, de l’écologie, de la paysannerie.
«L’utopie, explique-t-il, ce serait d’imaginer sortir d’un coup de la crise des grandes structures de production, financières et industrielles, sans avoir d’abord construit une alternative qui ait appris à résister aux coups du sort et aux changements de personnes.
C’est pourquoi les acteurs de telles alternatives doivent d’urgence se rassembler, se soutenir, se passer des commandes et se fournir des services mutuellement, afin de grandir et de se consolider. Notre réseau sera ce qu’en feront les membres qui restent conscients de leurs limites et de leurs forces».
La récession n’est pas de nature à décourager le Mouvement
Une chose est sûre. La récession que traversent la Suisse et le reste du monde ne décourage pas les membres du Mouvement de l’ESS. Pour le pasteur Thévenaz, elle est plutôt de nature à faire prendre conscience qu’une autre économie est possible. Il en donne pour preuves la Banque Alternative Suisse qui voit actuellement affluer des capitaux qui ont quitté le marché financier classique.
Les promoteurs du vélo ont vu se consolider l’intérêt d’un public effrayé par le coût potentiel de la benzine de ces derniers mois. Les acteurs des échanges directs saluent une clientèle qui ne va pas chercher loin ce qu’elle trouve tout prêt. «Mais la récession ne fait plaisir à personne», fait vite remarquer le Vaudois. «Elle est le signe que l’économie actuelle n’est pas construite pour servir et ménager les besoins des employés et de la société en général, ni pour épargner les investissements et les pertes. Les souffrances de la crise frappent de manière aveugle».
Entreprendre autrement
A l’idée de sortir de la crise actuelle, le pasteur protestant estime que l’essentiel n’est pas là. Pour lui, il faut des acteurs responsables. Certaines manières de faire doivent définitivement rester en crise et être remplacées. «Nous essayons d’apprendre à faire mieux, à faire autrement. Notre slogan pour le forum constitutif de mai 2009, c’est ’entreprendre autrement’. Celui qui vit la crise a besoin d’encouragements dans ses pratiques, pour les faire reconnaître comme plus responsables et plus durables que les pratiques spéculatives ou purement productives»
L’économie sociale et solidaire est, insiste-t-il, surtout plus humaine que la guerre économique des conquérants du marché global. «Le monde du travail a tout à y gagner en solidarité», conclut le pasteur Thévenaz. Renseignements complémentaires: wwww.apres-vaud.ch. (apic/dng/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse