France: Les diocèses de France dans la tourmente financière
Paris, 7 janvier 2009 (Apic) La crise économique n’épargne pas les diocèses de France. Des situations difficiles les attendent: baisse du nombre des donateurs, augmentation des frais fixes… Les diocèses de France craignent une année 2009 plus dure encore, écrit le quotidien catholique français «La Croix», qui consacre un dossier à ce sujet.
Partout, on tente des slogans pour rendre attentifs les fidèles aux moyens de faire face aux nécessités financières. Avec humour, parfois, avec les moyens techniques modernes aussi. Bref, on vise l’efficacité, pour pallier les pertes déjà enregistrées l’an dernier, et freiner celles qui s’annoncent cette année.
A Amiens, le slogan est déjà trouvé pour cette année: «Pour l’Eglise non plus, l’argent ne tombe pas du ciel». A Lyon, c’est sous forme humoristique qu’une ultime relance a été adressée fin décembre aux fidèles: «Les seules actions qui ne plongent jamais, ce sont les bonnes actions… Donner au denier, c’est agir pour faire vivre l’Eglise catholique aujourd’hui».
Le premier à tirer la sonnette d’alarme a été Mgr Michel Dubost. Dans une vidéo postée sur internet en décembre, l’évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes résumait avec franchise l’impasse dans laquelle se trouve son diocèse: «Le denier de l’Eglise rapporte bon an mal an 3,5 millions d’euros quand les dépenses (en majorité des salaires) s’élèvent à 4,5 millions d’euros. Nous sommes gravement en déficit, à tel point que je me demande comment nous allons payer…»
Selon «La Croix», le problème dépasse bien sûr les frontières de la région parisienne. Dans de nombreux diocèses, l’année 2008 s’est achevée dans la douleur et 2009 devrait voir s’accroître les tensions. «Le problème vient surtout de la baisse du nombre des donateurs», constate Joëlle Delanoux, économe diocésaine d’Evry, citée par le quotidien catholique. A Amiens, l’économe Jean-Yves Bourgois en convient: «Après trois années de progression, les recettes du denier de l’Eglise ont stagné en 2007 et ont dû décroître de 2 à 3 % en 2008».
A la hausse
Le diocèse de Troyes avance les mêmes chiffres. A Limoges, la baisse atteindrait 4 %. A Lyon, des relances en fin d’année devraient permettre de conclure l’année avec des recettes stables, mais le diocèse craint une année 2009 plus difficile.
Un constat: certaines dépenses restent orientées à la hausse, qu’il s’agisse du chauffage, des soins de santé des prêtres ou encore de la mise aux normes des bâtiments… Jusqu’à présent, écrit «La Croix», de nombreux diocèses bouclaient leurs fins de mois grâce à des legs, en piochant dans leurs réserves ou en vendant des biens immobiliers. «Le drame, c’est que, quand on vend une maison diocésaine pour manger, au bout de cinq ans on n’a plus de maison et plus à manger», résume Jean-Yves Bourgois.
Selon le constat fait par le quotidien catholique, étonnamment, la solidarité financière reste assez peu développée à l’intérieur de l’Eglise, que ce soit entre diocèses ou entre paroisses. Sachant de plus que les diocèses n’organisent qu’une péréquation limitée entre paroisses riches et pauvres, par le prélèvement d’une fraction de leurs recettes et sa redistribution aux paroisses les moins fortunées.
Comment faire face dès lors? Réduire davantage encore? Certains, avance «La Croix», souhaiteraient se défaire de biens immobiliers devenus inutiles: presbytères, écoles privées inoccupées comme dans le diocèse de Limoges. Restent deux pistes: convaincre les fidèles de la nécessité vitale de donner; ensuite, peut-être, réduire la masse salariale. Mgr Dubost envisage même la possibilité de licenciements, «s’il n’y a pas d’autres solutions», dit-il. (apic/cx/mc/abh/pr)
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