Rome: Le pape a reçu le corps diplomatique et demandé le retour de la trêve à Gaza
Rome, 8 janvier 2009 (Apic) Le pape Benoît XVI a demandé le retour de la trêve dans la Bande de Gaza, devant le corps diplomatique, reçu jeudi au Vatican. Souhaitant en outre que les prochaines élections en Israël portent au pouvoir des dirigeants «capables de faire progresser» le processus de paix.
Dans son traditionnel tour d’horizon de la situation internationale, au cours des voeux adressés aux diplomates, le pape a déploré que la paix soit «si lointaine» et a souligné à plusieurs reprises que les solutions aux conflits à travers le monde étaient avant tout politiques.
Au début de son intervention, Benoît XVI a souhaité transmettre sa «pensée affectueuse» à tous ceux qui avaient récemment «souffert à cause de graves catastrophes naturelles, en particulier au Vietnam, en Birmanie, en Chine et aux Philippines, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, en Colombie et au Brésil». Il a aussi affirmé sa proximité à ceux qui ont souffert «à cause de conflits nationaux ou régionaux sanglants ou encore à cause d’attentats terroristes qui ont semé la mort et la destruction dans des pays comme l’Afghanistan, l’Inde, le Pakistan et l’Algérie».
«Malgré tant d’efforts, la paix si désirée est encore lointaine», a regretté Benoît XVI avant d’inviter à ne «pas se décourager ni diminuer l’engagement en faveur d’une culture de paix authentique, mais au contraire redoubler d’efforts en faveur de la sécurité et du développement». Une nouvelle fois, le pape a rappelé que «l’on ne peut pas construire la paix quand les dépenses militaires soustraient d’énormes ressources humaines et matérielles aux projets de développement».
Proche-Orient
Devant les diplomates en grande tenue, dans la salle royale du Palais apostolique du Vatican, Benoît XVI a ainsi particulièrement évoqué la situation au Proche-Orient, alors que le Hamas et Israël s’affrontent violement dans la Bande de Gaza. «Nous assistons à une recrudescence de violence qui provoque des dommages et des souffrances immenses aux populations civiles», a déploré le pape avant de constater que cela compliquait encore plus «la recherche d’une issue au conflit entre Israéliens et Palestiniens, vivement désirée par beaucoup d’entre eux et par le monde entier».
Une nouvelle fois, Benoît XVI a souhaité redire que «l’option militaire» n’était «pas une solution» et que «la violence, d’où qu’elle provienne et quelque forme qu’elle prenne», devait «être condamnée fermement». Le pape a alors demandé qu’avec «l’engagement déterminant de la communauté internationale, la trêve dans la bande de Gaza soit remise en vigueur (…) et que soient relancées les négociations de paix en renonçant à la haine, aux provocations et à l’usage des armes».
A l’approche des élections législatives de février en Israël et de probables élections générales dans les Territoires palestiniens courant 2009, Benoît XVI a jugé «très important» qu’à l’occasion de ces «échéances électorales cruciales (…) émergent des dirigeants capables de faire progresser avec détermination ce processus et de guider leurs peuples vers la difficile mais indispensable réconciliation». Plus largement, le pape a encouragé à soutenir le «dialogue entre Israël et la Syrie», souhaitant également la consolidation des institutions au Liban.
Aux Irakiens, «qui se préparent à reprendre pleinement en main leur propre destinée», Benoît XVI a adressé «un encouragement particulier à tourner la page pour regarder l’avenir afin de le construire sans discrimination de race, d’ethnie ou de religion». En Iran, a-t-il aussi expliqué, «on ne doit pas se lasser de rechercher une solution négociée à la controverse sur le programme nucléaire».
Asie et Afrique
Portant son regard sur le continent asiatique, Benoît XVI a salué certains «progrès» comme «la reprise de nouvelles négociations de paix à Mindanao, aux Philippines» et le «nouveau cours que prennent les relations entre Pékin et Taipei». Il a ensuite souligné qu’une solution définitive du conflit en cours au Sri Lanka «ne pourrait être que politique».
Concernant l’Afrique, le pape a confié sa «joie» de se rendre sur le continent en mars prochain, avant d’évoquer le «soin tout particulier (…) à réserver à l’enfance». «Beaucoup d’enfants vivent le drame des réfugiés et des déplacés en Somalie, au Darfour et dans la République démocratique du Congo», a-t-il constaté avant de demander «à ceux qui exercent des responsabilités politiques, au niveau national et international, de prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les conflits en cours et pour mettre fin aux injustices qui les ont provoqués».
En Somalie, le pape a souhaité que progresse «la restauration de l’Etat». Il a noté qu’au Zimbabwe «la situation demeure critique», estimant que «des aides humanitaires considérables sont nécessaires». Benoît XVI a également demandé que «les accords de paix au Burundi (…) soient pleinement appliqués et deviennent source d’inspiration pour d’autres pays».
Amérique latine
Les peuples d’Amérique Latine «désirent vivre en paix, affranchis de la pauvreté et exerçant librement leurs droits fondamentaux». Benoît XVI s’est également penché sur cette région du monde pour souhaiter «que les besoins de ceux qui émigrent soient pris en considération par des législations qui facilitent le regroupement familial et concilient les légitimes exigences de sécurité et celles de l’inviolable respect de la personne». Le pape salué les relations retrouvées entre l’Argentine et le Chili concernant la zone australe, mais aussi «la récente signature de l’accord entre le Saint-Siège et le Brésil» qui «facilite le libre exercice de la mission évangélisatrice de l’Eglise et renforce encore davantage sa collaboration avec les institutions civiles pour le développement intégral de la personne».
Europe
Enfin, le pape a tourné son regard vers l’Europe, saluant en premier lieu «la communauté chrétienne de Turquie» et en soulignant «le lien étroit de cette terre avec les origines du christianisme». Benoît XVI a évoqué les «vives» aspirations de paix sur l’île divisée de Chypre.
S’arrêtant sur la situation dans le Caucase, Benoît XVI a répété que «les conflits qui intéressent les Etats de la région ne peuvent pas être résolus par la voie des armes». Evoquant le cas particulier de la Géorgie, il a souhaité «que soient honorés tous les engagements souscrits dans l’accord de cessez-le-feu du mois d’août dernier», soulignant qu’il avait été «conclu grâce aux efforts diplomatiques de l’Union européenne».
Dans le sud-est de l’Europe, le pape a encouragé la création des «conditions pour un avenir de réconciliation et de paix entre les populations de la Serbie et du Kosovo, dans le respect des minorités et sans oublier la préservation du précieux patrimoine artistique et culturel chrétien».
Le Saint-Siège entretient actuellement des relations diplomatiques bilatérales avec 177 Etats, auxquels il faut ajouter un certain nombre de missions diplomatiques «à caractère spécial» comme celles de la Fédération de Russie ou de l’Autorité nationale palestinienne (ANP), ainsi que des bureaux de représentation d’organisations internationales comme la Communauté européenne ou l’Ordre souverain militaire de Malte. (apic/imedia/ami/pr)
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