Sri Lanka: Le Conseil chrétien du Sri Lanka déplore le «bellicisme ambiant dans le pays»

L’étau se resserre pour les civils tamouls

Colombo, 8 janvier 2009 (Apic) Les Eglises du Sri Lanka déplorent le bellicisme ambiant après la prise du fief des rebelles par les forces gouvernementales. Selon elles, les civils tamouls pris dans l’étau de cette guerre sanglante sont «plus vulnérables que jamais».

Le Conseil chrétien national de Sri Lanka (NCC) a appelé les responsables religieux à exprimer leur opposition aux «bellicistes», suite aux violentes organisées par des groupes de la majorité cinghalaise à l’annonce de la prise de Kilinochchi, fief des rebelles tamouls, dans le nord du pays.

«C’est un Kairos (moment propice à l’action) pour tous les responsables religieux du Sri Lanka. S’ils n’agissent pas maintenant pour faire retrouver la raison aux dirigeants bellicistes du pays, ils ne sont certainement pas à la hauteur de leur vocation religieuse», a estimé la Commission pour la justice et la paix du Conseil chrétien dans un communiqué du 6 janvier, cité par l’Agence oecuménique ENI.

Cette réaction fait suite à l’action de groupes de Cinghalais déchaînés qui, le 6 janvier à 2 heures du matin, ont mis le feu au siège du diffuseur Sirasa/MTV à Colombo, une chaîne de télévision privée détenue par un Tamoul. La Commission a souligné que l’attaque visant cette TV qui diffuse en langue cinghalaise «laisse certainement présager la suite».

«Presque tous les Cinghalais du Sud se réjouissent de la prise de Kilinochchi», a constaté le Conseil. Le président Mahinda Rajapaksa a qualifié la victoire des forces sri lankaises de «seconde lutte pour la liberté» de cette île de l’Océan Indien qui fut une colonie britannique aux XIXe et XXe siècles.

Les rebelles connus sous le nom de Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) mènent depuis un quart de siècle une campagne pour l’autonomie des zones peuplées par la minorité tamoule du nord et de l’est du Sri Lanka, victimes de discriminations de la part de la majorité cinghalaise bouddhiste peuplant l’île.

Après la victoire de Mahinda Rajapaksa lors de l’élection présidentielle de 2005 avec le soutien de groupes nationalistes cinghalais, l’armée sri lankaise a lancé une campagne militaire contre les rebelles tamouls. Après avoir évincé les rebelles de leurs bastions de l’est, les soldats sri lankais ont avancé sur Vanni, dans le nord, où les LTTE contrôlaient une région peuplée de plus d’un quart de million de Tamouls, ayant pour capitale Kilinochchi.

A l’issue d’intenses combats ayant entraîné la mort de centaines de personnes, l’armée a repris le contrôle de Kilinochchi le 2 janvier, les rebelles s’étant retirés dans la région de Mullaitive, qui reste entre leurs mains. Selon la Commission du NCC, après la chute de Kilinochchi, le sort des civils tamouls à Dharmapuram est «épouvantable». Les forces gouvernementales faisant «pleuvoir des bombes» sur la région.

«La censure est totale et il n’y a personne pour défendre les droits des civils», a déploré Santha Fernando, secrétaire exécutif de la Commission du NCC. Selon le secrétaire, en l’absence d’observateurs internationaux, les civils tamouls pris dans l’étau de cette guerre sanglante sont «plus vulnérables que jamais». (apic/eni/pr)

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