Israël utilise des engins Dime de fabrication américaine

Gaza: Armes non conventionnelles: un médecin témoigne

Gaza, 14 janvier 2009 (Apic) «Quelques mois d’études en laboratoire seraient nécessaires pour analyser des échantillons et avoir des preuves scientifiques, mais les blessures que nous soignons sont identiques à celles déjà traitées en 2006 au Liban après les bombardements israéliens et liées à des engins Dime (Dense inerte metal explosive, ndlr) et à des explosifs contenant du phosphore blanc».

Contacté Misna à l’hôpital Shifa de Gaza, Dagfinn Bjorjlid – chef d’une équipe médicale norvégienne de l’organisation non gouvernementale Norwac, oeuvrant dans la bande de Gaza – parle après avoir examiné des centaines de blessés et sur la base de l’expérience acquise au Liban aussi.

«Nous aidons les médecins palestiniens dans leur travail quotidien mais nous photographions aussi, prenons des notes, conservons des éprouvettes à analyser lorsque nous serons à l’extérieur de la bande de Gaza et aurons les instruments appropriés pour le faire. De nombreuses personnes transportées à l’hôpital présentaient de graves amputations aux membres inférieurs comme supérieurs, comme s’ils avaient été coupés nets, ce que des explosifs conventionnels ne peuvent pas faire; c’est comme si les bras et les jambes ont été détachés du reste du corps qui présente des lacérations mais ne contient pas des fragments comme dans le cas d’explosifs conventionnels».

Ce type de blessure, dit Bjorjlid, est compatible à celles causées par des engins Dime, bombe de fabrication américaine pas encore classée. «Sur d’autres corps nous avons en revanche constaté des brûlures profondes compatibles avec celles produites par des explosifs contenant du phosphore blanc; on nous a également parlé des cas d’utilisation de gaz asphyxiants, mais sur cela je n’ai pas encore de preuves», poursuit le médecin.

Pour Bjorjlid, qui se trouve depuis six jours dans la bande de Gaza, le fait principal est que peu importe le type d’armes utilisées, à la fin ce sont toujours les civils qui sont frappés dans la guerre menée par Israël : «Je suis ici et je vois de mes propres yeux les blessés et les morts : 41% sont des femmes et des mineurs et pour les blessés le pourcentage arrive à 50%; quand tout sera fini, la bande de Gaza devra non seulement reconstruire ce qui a été détruit mais aura des milliers d’handicapés à prendre en charge».

Interrogé sur Fr3 sur la trêve observée durant trois heures par jours pour permettre l’humanitaire, un médecin français présent sur le terrain à Gaza décrit lui aussi les horreurs dans les hôpitaux et le champ de ruine qu’est aujourd’hui Gaza. Il accuse Israël de mentir. (apic/misna/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/gaza-armes-non-conventionnelles-un-medecin-temoigne/