Tenter d’évacuer les enfants blessés de Gaza
Berne, 15 janvier 2009 (Apic) Au regard de la situation humanitaire toujours plus catastrophique dans la bande de Gaza, la Commission nationale suisse «Justice et Paix» a réclamé jeudi 15 janvier l’ouverture d’un corridor humanitaire garanti par les deux parties en conflit. Ce corridor doit permettre d’évacuer les enfants blessés, avec leur mère, hors des zones de combats. Le Caritas Baby Hospital de Bethléem est prêt à organiser les soins médicaux nécessaires à ces enfants, affirme la Commission dépendant de la Conférence des évêques suisses.
Les catholiques suisses soutiennent depuis de longues années les populations de Terre Sainte et en particulier par l’ONG «Secours aux Enfants Bethléem» l’hôpital des enfants de Bethléem. C’est ainsi que des contacts directs, dans et autour de la zone de guerre, confirment les souffrances et la détresse de la population de la Bande de Gaza. «Cette situation insoutenable touche en particulier les blessés et les malades et tout spécialement les enfants», écrit «Justice et Paix».
Le Caritas Baby Hospital de Bethléem collabore avec d’autres hôpitaux de la région. Il est ainsi en mesure d’assurer les soins médicaux pour les enfants et les jeunes blessés. Cela exige une garantie des deux parties de respecter ce corridor humanitaire et de renoncer à toute opération militaire dans ces secteurs. «Justice et Paix» appelle la communauté internationale et la politique étrangère suisse à intervenir dans ce sens auprès des parties en guerre, pour assurer un transport sûr des blessés, accompagnés de leur mère ou d’une autre personne.
«En plus de l’activité diplomatique et politique pour faire cesser cette guerre, il faut d’urgence un soutien pour les personnes les plus touchées, spécialement les enfants. Leur avenir et celui de leur famille sont extrêmement précaires à cause des destructions massives et du manque de médicaments et de soins. Tous les hommes de bonne volonté sont appelés à soutenir cette démarche et à intervenir auprès des personnalités politiques pour qu’une solution à ce conflit puisse être trouvée le plus rapidement possible», conclut «Justice et Paix». La Commission nationale «Justice et Paix» est l’organe de la Conférence des évêques suisses (CES) pour les questions de caractère politique, social et économique. JB
Encadré
Les forces israéliennes commettent des «atrocités»
Sortant du langage «politiquement correct» des responsables occidentaux et de nombre de personnalités religieuses, la revue médicale britannique «The Lancet» accuse sans ambages les forces israéliennes de commette des «atrocités» dans la Bande de Gaza. Elle n’hésite pas à parler de «silence complice» des responsables médicaux du monde entier face aux destructions systématiques des installations sanitaires à Gaza, où plusieurs hôpitaux ont été complètement détruits par l’aviation israélienne. Pour la célèbre revue médicale, «les normes internationales du comportement humanitaire en situation de conflit ont été foulées au pied» et la quatrième convention de Genève est allègrement violée.
Deux médecins norvégiens travaillant à Gaza, Mads Gilbert et Erik Fosse, qualifient la réalité de «cauchemardesque». Ces deux médecins, qui ont vingt ans d’expérience dans des zones de guerre, ont vu les plus horribles blessures de guerre. Niant cette réalité vécue sur place par ces médecins, Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères les a accusés de mentir et d’avoir des positions «d’extrême-gauche».
Médecins et infirmiers tués dans les bombardements israéliens
Selon l’édition de jeudi 15 janvier du quotidien israélien «Haaretz», citant des organisations de défense des droits de l’homme, l’armée israélienne a déjà tué depuis le 27 décembre, date du début de son attaque contre Gaza, sept membres du personnel médical, dont des médecins, et ont détruit ou gravement endommagé trois hôpitaux et quatre cliniques ces derniers jours. Jeudi, l’hôpital Al-Quds dans la ville de Gaza City était en flammes après les combats entre l’armée israélienne et les hommes du Hamas, toujours selon le quotidien israélien. Des bâtiments abritant des journalistes et d’autres appartenant à l’Unrwa, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, ont été pris pour cibles par l’armée israélienne.
L’agence catholique italienne Misna rapporte jeudi que des dizaines de patients se trouvent à l’intérieur de l’hôpital Al-Quds en flammes, tandis que deux autres hôpitaux de Gaza ont été visés par les bombes: al Wasa et al Fatah, tous deux au sud de Gaza City. Des sources journalistiques palestiniennes rapportent qu’une quatrième structure, al Aqsa, serait encerclée par les forces terrestres israéliennes. A Khan Younès, au sud de la Bande de Gaza, l’armée de Tel-Aviv maintient depuis mercredi l’état de siège contre l’European Hospital, selon Misna. «Les blindés israéliens ont encerclé depuis mercredi soir l’European Hospital. Ils ne sont pas passés à l’attaque mais ne consentent aucun mouvement», selon une source anonyme recueillie par Misna.
Des évêques réclament la fin des violences
Neuf évêques venant d’Europe et des Etats-Unis ont lancé jeudi un appel urgent à la fin des violences qui ensanglantent Gaza lors d’une déclaration commune clôturant leur visite de cinq jours en Israël/Palestine. Pour les prélats, touchés par la tragédie humaine qui se vit à Gaza – quelque cinq cents civils, dont plus de trois cents enfants, ont été tués par l’armée israélienne depuis le 27 décembre – la sécurité et la justice sont des principes nécessaires, qui doivent valoir pour toutes les personnes dans la région.
Les évêques catholiques américains et européens ont appelé la communauté internationale à s’engager afin que la population de Gaza puisse obtenir «l’aide humanitaire d’urgence dont elle a absolument besoin». La délégation était composée des délégués de neuf conférences épiscopales occidentales, dont des évêques de France, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, qui ont rencontré des représentants des Eglises locales, dont le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, et le nonce apostolique en Israël, Mgr Antonio Franco. (apic/bbc/kna/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse