Genève: Le 500ème anniversaire de la naissance du réformateur
Pour l’Apic, Michel Bavarel, Genève
Genève, 16 janvier 2009 (Apic) Comment intéresser la population à un personnage réputé austère et ennuyeux? En cassant cette image de Calvin, avec la complicité d’auteurs de bandes dessinées. Vernissage d’une exposition d’oeuvres de Zep, Aloys, Exem et consorts.
Les murs extérieurs du temple de la Fusterie, en plein coeur de Genève, sont ornés de portraits irrespectueux du réformateur Jean Calvin dont on fête, tout au long de cette année, le 500ème anniversaire de la naissance. Et à l’intérieur du vénérable édifice, construit au début du 18ème siècle, une exposition des oeuvres de bédéistes qui égratignent un personnage ne prêtant d’ordinaire pas à rire.
Pour le faire connaître, l’Église protestante de Genève a estimé nécessaire de casser l’image de Jean Calvin qui, assure le pasteur Roland Benz, président du Comité de pilotage du Jubilé, avait de l’humour et pouvait même faire preuve d’une ironie décapante. C’est un autre pasteur, Blaise Menu, fervent amateur de BD, qui a eu l’idée d’annoncer les différentes manifestations de ce 500ème dans un « Calvindrier » illustré par des bédéistes locaux. « Il y a une tradition genevoise d’affiches politiques dessinées par des auteurs de bandes dessinées » relève Blaise Menu. Alors pourquoi pas la religion ?
Pas de censure, mais des arrangements
Pour aborder les dessinateurs, Blaise Menu a utilisé le carnet d’adresses et la recommandation de Zep, le « père de Titeuf », qui avait déjà apporté son concours à l’Église protestante bien avant d’être connu. « Pratiquement tous ont accepté, c’est pourquoi notre «Calvindrier» comporte quatorze mois au lieu de douze. » Avez-vous censuré des dessins ? Non, répond Blaise Menu. Seuls l’un ou l’autre « arrangement » ont été demandés pour éviter de trop heurter certaines sensibilités. « J’assume le résultat », affirme-t-il, même si le Calvindrier, distribué à tous les foyers protestants, suscite quelques réactions.
Les planches originales sont exposées jusqu’au 14 février. Elles sont accompagnées par des commentaires des dessinateurs. Par exemple, Exem écrit qu’il a accepté en tant que Genevois, malgré son peu de sympathie pour Calvin, alors qu’Hélène Bruller clame son enthousiasme. Française en train de devenir Suissesse, elle se dit fière de participer à l’aventure. « C’est comme si la communauté m’intégrait ». Frederik Peeeters présente, à côté du dessin publié dans le calendrier, une esquisse où l’on voit Calvin écrire sur un mur : « Celui qui lit ira en enfer ». Comme quoi, même chassées, les idées reçues reviennent au galop… (apic/mba/pr)
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