Allemagne: Le responsable protestant allemand s’en prend aux «banquiers cupides»

La course au profit: «une forme d’idolâtrie»

Trèves, 22 janvier 2009 (Apic) Le principal responsable religieux protestant d’Allemagne, l’évêque Wolfgang Huber, se dit prêt à ouvrir un dialogue avec Josef Ackermann, directeur de la Deutsche Bank, après l’avoir sévèrement critiqué, ainsi que d’autres banquiers, pour leur cupidité. Pour l’évêque, la course au profit est devenue une véritable idolâtrie.

L’évêque Huber, qui a condamné les banquiers allemands pour leur «culture de la cupidité» dans une interview fin décembre, a par la suite suscité une certaine agitation en accusant le Suisse Josef Ackermann, directeur général de la plus grande banque d’Allemagne, de faire du profit «une forme d’idolâtrie».

Les banquiers,.a-t-il dit, ont le devoir de regarder au-delà du court terme et de garantir la stabilité. «Plus jamais un directeur général de la Deutsche Bank ne devra fixer un objectif de profit de 25 %.» Ce genre d’objectif place les attentes à un niveau non viable et revient à «une forme d’idolâtrie», a-t-il affirmé. «Dans les circonstances actuelles, l’argent est devenu un dieu», a déclaré l’évêque Huber, qui dirige le Conseil de l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) et qui est à la tête de 25 millions de protestants.

L’évêque Huber est allé plus loin encore en déclarant qu’en regardant la crise financière actuelle, il pensait avec le recul que le boom financier de ces dernières années pouvait être considéré comme une «danse autour du veau d’or».

Josef Ackermann, l’un des banquier les mieux payés d’Allemagne, avait indiqué en décembre que les activités de banque d’investissement de la Deutsche Bank généreraient bientôt un rendement sur capitaux propres de 20 à 25 %, lorsque les troubles financiers actuels arriveraient à leur fin. Josef Ackerman a été le seul banquier d’Allemagne à réagir aux attaques du responsable religieux. La Deutsche Bank a par la suite indiqué que les propos de l’évêque Huber n’étaient, selon elle, «pas appropriés».

L’évêque Huber n’a cependant pas regretté ses propos et a réitéré ses critiques, ajoutant toutefois qu’il était disposé à discuter de son désaccord avec Josef Ackermann et d’autres responsables des milieux d’affaires en Allemagne. (apic/eni/pr)

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