Le début d’un long processus de dialogue

France: Réaction des évêques français à la levée d’excommunication

Paris, 25 janvier 2009 (Apic) La décision de Benoît XVI de lever les excommunications pesant sur les quatre évêques traditionalistes ordonnés par Mgr Lefebvre est, selon le cardinal Ricard, «le début d’un processus de dialogue» et d’un «chemin (…) sans doute long». Le cardinal Vingt-Trois affirme pour sa part qu’il n’est pas possible d’être catholique et d’effectuer un tri dans la doctrine et la Tradition de l’Eglise.

Dans une déclaration communiquée à l’agence I.MEDIA le 24 janvier, le cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux et membre de la Commission pontificale ’Ecclesia Dei’ en charge des traditionalistes, met également en garde contre les difficultés à venir, de type doctrinal, mais aussi culturel ou politique. «La levée de l’excommunication n’est pas une fin mais le début d’un processus de dialogue», affirme ainsi le prélat français, pour qui ce geste «ne règle pas deux questions fondamentales: la structure juridique de la Fraternité Saint-Pie X dans l’Eglise et un accord sur les questions dogmatiques et ecclésiologiques».

La décision de Rome «ouvre un chemin à parcourir ensemble», estime le cardinal français pour qui «ce chemin sera sans doute long». Pour autant, confie-t-il, «on peut pourtant penser que la dynamique suscitée par la levée des excommunications devrait aider à la mise en route de ce dialogue voulu par le pape».

Propos inacceptables de Mgr Williamson

Si le cardinal Ricard note que la question «fondamentale» du texte du Concile Vatican II «comme document magistériel de première importance» devra être posée, il juge que «toutes les difficultés ne seront pas forcément de type doctrinal». Ainsi, «d’autres, de type culturel et politique, peuvent aussi émerger». Il dénonce alors «les derniers propos, inacceptables, de Mgr Williamson (un des quatre évêques, ndlr), niant le drame de l’extermination des juifs».

«Benoît XVI, explique aussi l’archevêque de Bordeaux, a voulu aller jusqu’au bout de ce qu’il pouvait faire comme main tendue, comme invitation à une réconciliation». Selon le cardinal Ricard, «le pape, théologien et historien de la théologie, sait le drame que représente un schisme dans l’Eglise». A ses yeux, l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, très «investi» dans cette affaire en 1988, demeure «marqué par l’échec de sa mission» d’empêcher Mgr Lefebvre «de commettre l’acte irrémédiable des sacres épiscopaux».

Pas de tri dans la doctrine et la Tradition de l’Eglise

Dans une déclaration exprimée sur Radio Notre-Dame avant la publication officielle du décret, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, a estimé que si cette excommunication est levée, c’est d’abord parce que «le pape a la possibilité, s’il le souhaite, de le faire. S’il a décidé de le faire aujourd’hui, c’est qu’il a des éléments suffisamment positifs qui le justifient.»

L’archevêque de Paris interprète cette mesure comme «un geste de miséricorde et un geste d’ouverture pour fortifier l’unité de l’Eglise.» En revanche, selon lui, la levée des excommunications ne signifie pas qu’il soit possible d’être catholique en faisant un tri dans l’enseignement de l’Eglise, dans la doctrine et la Tradition de l’Eglise. «Des gens qui, pour la plupart, se présentent sincèrement comme des défenseurs de la Tradition, se donnent le pouvoir magistériel de distinguer la bonne Tradition de la mauvaise Tradition. Mais un tel acte de discernement ne peut être qu’un acte de l’Eglise et pas celui d’un groupe particulier dans l’Eglise.» (apic/imedia/ami/com/bb)

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