Canada: La Conférence des évêques commente les déclarations de Mgr Richard Williamson

Ils condamnent les « propos odieux » sur la négation de l’Holocauste

Ottawa, 30 janvier 2009 (Apic) La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) considère qu’ »il est odieux de soutenir que le mal terrible que fut l’Holocauste n’est pas un fait historique ». Les évêques canadiens condamnent ainsi fermement les propos sur l’extermination des juifs tenus par Mgr Richard Williamson, l’un des quatre évêques traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, consacré le 30 juin 1988 par Mgr Lefebvre à Ecône contre la volonté de Rome.

La Conférence des évêques catholiques du Canada, condamnant fermement la négation de l’Holocauste, déclare se joindre au pape Benoît XVI pour faire appel à tous les peuples afin qu’ils reconnaissent que l’Holocauste est un « avertissement contre l’oubli, contre la négation, ou le réductionnisme ». La CECC s’associe au Saint-Siège pour critiquer et rejeter les déclarations que Mgr Richard Williamson a faites sur l’Holocauste. « Les évêques catholiques du Canada, en union avec le Saint-Siège, demeurent engagés dans le dialogue avec les juifs, tels que l’ont réaffirmé les évêques du Canada lors de leur Assemblée plénière de septembre 2008 », soulignent-ils dans leur communiqué.

Ils remarquent que le supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Bernard Fellay, a présenté ses excuses pour les déclarations faites par Mgr Richard Williamson et a fait savoir qu’il avait été interdit à Mgr Williamson de s’exprimer désormais sur ce sujet. Le scandale a éclaté après la diffusion de l’émission « Uppdrag gransning » (mission investigation), programme hebdomadaire de la télévision publique suédoise SVT. A cette occasion, l’évêque intégriste a déclaré au journaliste: « Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200’000 à 300’000 juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz ».

Les évêques traditionalistes ne sont pas encore réhabilités

Seule a été levée l’excommunication déclarée contre les quatre évêques membres de la Fraternité Saint-Pie X, dont Mgr Williamson, pour avoir reçu l’ordination épiscopale sans mandat du Vatican, relève la CECC. « La levée de l’excommunication n’affecte pas les peines prononcées pour d’autres infractions. Le décret publié le 24 janvier 2009 par le Saint-Siège ne permet pas à Mgr Williamson ni aux autres évêques d’exercer licitement le ministère sacré ni d’exercer une quelconque fonction ou accomplir un quelconque acte d’autorité dans l’Eglise catholique ». La Conférence des évêques du Canada souligne encore que la levée de l’excommunication « leur ouvre simplement la possibilité de redevenir membres à part entière de l’Eglise ». JB/Com

Encadré

Commentaire du président de la Commission pontificale « Ecclesia Dei »

Dans des propos rapportés le 29 janvier 2009 par le quotidien italien « Corriere della Sera », le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale « Ecclesia Dei » (*), est brièvement revenu sur le contexte dans lequel avait été levée l’excommunication des 4 évêques lefebvristes, sur fond de déclarations négationnistes de l’un des prélats, Mgr Richard Williamson. « Nous avons toujours parlé avec Mgr Fellay, le supérieur, a-t-il expliqué. Jusqu’à la fin de ce dialogue, nous n’avons absolument rien su concernant Williamson, nous n’en avons jamais parlé et je pense que personne n’était au courant ». Ainsi, le décret de levée des excommunications avait été signé au Vatican le 21 janvier, quelques heures à peine avant la diffusion par la télévision suédoise de l’interview de Mgr Williamson à l’origine de toutes les polémiques.

Il reste « quelques difficultés »: oecuménisme, liberté religieuse, liberté de conscience…

Pour autant, le geste du pape a été rendu public par le Saint-Siège le 24 janvier mais, a ajouté le cardinal Castrillon Hoyos, « le décret était déjà dans les mains des intéressés ». « Nous avons fait tout ce que nous devions faire », a encore expliqué le prélat pour qui « il reste encore seulement quelques difficultés » avec les responsables de la Fraternité Saint-Pie X, comme « l’oecuménisme, la liberté religieuse ou la liberté de conscience ». JB/I.Media

(*) La Commission pontificale « Ecclesia Dei » a été instituée par le pape Jean Paul II le 2 juillet 1988 à la suite de l’acte schismatique des ordinations épiscopales illégales effectuées par l’archevêque Marcel Lefebvre à Ecône en Suisse. La Lettre Apostolique indique que ses membres doivent collaborer avec les évêques, les dicastères de la curie romaine et avec d’autres groupes intéressés, dans le but de faciliter la pleine communion ecclésiale des prêtres, séminaristes, religieux et religieuses vivant ou non en communauté et liés dans différents domaines à la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre, « et qui désirent rester unis au successeur de Pierre dans l’Eglise catholique, tout en conservant leurs traditions spirituelles et liturgiques à la lumière du protocole signé le 5 mai 1988 par le Cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre ». (apic/imedia/cecc/com/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/canada-la-conference-des-eveques-commente-les-declarations-de-mgr-richard-williamson/