Les migrants de l’Asie du Sud premières victimes

Hongkong: Discrimination à l’embauche: des chrétiens s’engagent dans la lutte

Hongkong, 6 février 2009 (Apic) Des chrétiens de Hongkong s’engagent dans la lutte contre les discriminations à l’embauche rencontrées par les migrants venus de l’Asie du Sud, indique Eglises d’Asie. Pourtant, tous ne sont pas d’accord. Et des relents de discriminations circulent sur fond de racisme.

En janvier dernier, un séminaire intitulé « De la discrimination à l’intégration » a rassemblé des chrétiens, sous l’égide de la Commission « Justice et Paix » du diocèse catholique de Hongkong. Les participants ont discuté de la situation difficile rencontrée par des travailleurs migrants à Hongkong et émis des réserves à l’encontre d’une refonte d’une section du Code du Travail, actuellement à l’étude, The Draft Code of Employment Practices.

Le projet, rédigé par la Commission pour l’égalité des chances, un organisme officiel, sera débattu devant le Parlement local, le Legislative Council, en mars prochain.

Parmi les propos des participants, cités par l’agence Ucanews, figurent ceux de Law Pui-shan, chargée de mission à la Commission pour le travail du diocèse de Hongkong. Elle explique que des employeurs sélectionnent leurs employés à partir de critères comme « la présentation, l’aspect physique et le comportement ». Certains d’entre eux, par exemple, considèrent que les vêtements portés par certaines musulmanes originaires des pays de l’Asie du Sud qui les couvrent de la tête aux pieds, peuvent affecter leur mobilité, et que les obligations alimentaires auxquelles elles doivent se soumettre peuvent poser un problème si elles doivent dîner avec des clients ou des collègues, commente-t-elle.

Les participants à ce séminaire ont affirmé que les discriminations fondées sur la couleur de la peau, l’appartenance ethnique ou religieuse étaient fréquentes chez les Chinois de Hongkong.

En vigueur prochainement

Une Ordonnance sur la discrimination raciale entrera en vigueur en 2009 dans l’ancienne colonie britannique. Promulguée le 18 juillet 2008, elle se donne pour but de protéger les membres de tous les groupes ethniques en interdisant la discrimination raciale dans le cadre du travail, de l’éducation et d’autres domaines. Cependant, de nombreux points de la loi font encore débat, en raison des vides et imprécisions qu’elle contient et qui pourraient donner lieu à des interprétations contraires à l’esprit de la loi elle-même.

La Région administrative spéciale (RAS) de Hongkong, dotée d’un statut particulier établi selon le principe « un pays deux systèmes », accorde ainsi progressivement son système législatif avec celui de la Chine.

Les travailleurs venus des pays de l’Asie du Sud (Népalais, Indiens et Pakistanais principalement) et de l’Asie du Sud-Est (Philippins et Indonésiens) rencontrent des difficultés croissantes à Hongkong, estiment les responsables de groupes chrétiens actifs auprès de migrants et oeuvrant à leur intégration humaine et professionnelle. La Commission diocésaine pour le travail ou des paroisses, telles la paroisse St-François-d’Assise, proposent ainsi des cours de chinois pour les migrants de l’Asie du Sud. Depuis la rétrocession de 1997, la préférence accordée à l’apprentissage et l’utilisation du chinois à la place de l’anglais a fortement handicapé ces minorités anglophones. Les chrétiens tentent également de sensibiliser le monde du travail aux discriminations dont sont victimes ces populations.

Pas d’une même voix

Chan Chung-ho, directrice du Project South Asian Support Alliance, une initiative du Hongkong Christian Service, explique que son projet n’est pas destiné à ce que les employeurs créent de nouveaux postes pour les migrants de l’Asie du Sud ou leur donnent des emplois pour lesquels ils ne sont pas qualifiés, mais plutôt à les aider à avoir l’esprit plus large lors de l’embauche de leurs employés.

Francis, un chef d’entreprise catholique, a témoigné de son hésitation à embaucher des migrants de l’Asie du Sud. Si ces personnes insistent pour, dans le cadre du travail, faire leurs prières ou porter des vêtements marquant leur appartenance communautaire, cela peut nuire à l’image de marque de son entreprise, dit-il. Selon lui, son attitude n’est pas discriminatoire car il hésite de la même manière à embaucher un compatriote chinois si celui-ci n’adhère pas au code vestimentaire en usage dans son entreprise.

Chan Chung-ho place un autre regard. A ses yeux, l’Ordonnance sur la discrimination envers les personnes handicapées est un texte qui n’identifie pas spécifiquement les actes considérés comme « non illégaux » dans l’embauche des personnes handicapées, mais, qui, au contraire, dresse la liste des avantages liés à l’embauche des personnes handicapées. Selon elle, c’est cette démarche qui devrait être retenue dans la refonte du Code du Travail pour ce qui concerne l’embauche des personnes immigrées. (apic/eda/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/hongkong-discrimination-a-l-embauche-des-chretiens-s-engagent-dans-la-lutte/