Une décision «problématique»
Einsiedeln, 8 février 2009 (Apic) Pour l’Abbé Martin Werlen, à la tête de l’Abbaye bénédictine d’Einsiedeln, une excommunication est une mesure thérapeutique qui doit conduire la personne à un examen de conscience et à une conversion. Son annulation a pour condition cet effet thérapeutique. Mais dans le cas de la levée de l’excommunication des quatre évêques lefebvristes, a-t-il déclaré dimanche dans le journal «SonntagsZeitung», il y a de gros points d’interrogation.
Ces doutes, l’Abbé Werlen ne les a pas seulement envers l’évêque négationniste Richard Williamson, mais également envers les trois autres évêques lefebvristes. Pour lui, la décision du pape est pour le moins en ce moment et dans ces circonstances «problématique». A ses yeux, celui qui lève une excommunication doit bien connaître les personnes concernées. Et cela n’a visiblement pas été le cas. «J’espère que nous, comme Eglise, apprendrons quelque chose du désastre qui en est résulté», laisse-t-il entendre.
Il a qualifié d’imprudence le fait que de telles décisions soient prises de façon solitaire à Rome, sans prendre en compte le réseau catholique mondial. L’Abbé Werlen a estimé que la décision du pape a blessé de nombreuses personnes – des juifs, mais aussi des catholiques – et beaucoup de ’goodwill’ à l’égard de l’Eglise a été détruit. Et l’Abbé d’Einsiedeln d’espérer que l’on apprenne des fautes.
Davantage d’espoir du côté de Coire…
Pour Mgr Vitus Huonder, dans l’affaire de la levée de l’excommunication des quatre évêques traditionalistes, il ne s’agit pas d’une «panne de la décision», mais tout au plus d’une panne de communication. Dans une interview publiée dimanche par le «Sonntagsblick», l’évêque de Coire relève que déjà sous Jean Paul II les discussions avec la Fraternité sacerdotale St-Pie X étaient déjà une préoccupation.
Mgr Huonder assure qu’avec cette décision, le pape ne voulait certainement pas fâcher les juifs. Par contre, il ne s’attendait pas que les remous soulevés par l’évêque négationniste Richard Williamson prendraient une telle ampleur, mais il estime que les dégâts qui en résultent pourront être réparés. «Le christianisme est une religion du pardon», a expliqué l’évêque de Coire.
et de la Pologne
Notons que les évêques polonais ont remercié le pape pour son geste de réconciliation envers les traditionalistes. Ils estiment que l’ouverture du dialogue pour mettre un terme à ce schisme douloureux est un «acte de grand courage» et un geste d’amour pastoral sincère. Dans une lettre de la présidence de la Conférence épiscopale polonaise au pape Benoît XVI, les évêques polonais disent leur confiance que ce geste contribuera à l’acceptation sans réserve de l’ensemble de la doctrine et de la discipline de l’Eglise et du Concile Vatican II par la Fraternité St-Pie X. (apic/cic/gs/be)
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