Suisse: Le Parti Evangélique suisse PEV et Travail.Suisse interpellent la grande banque

«L’UBS doit enfin se souvenir des valeurs réelles»

Zurich, 10 février 2009 (Apic) Alors que l’UBS (Union de Banques Suisses) a enregistré un déficit historique en 2008 de près de 20 milliards de francs suisses et prévoit de nouvelles suppressions d’emploi, «l’UBS doit enfin se souvenir des valeurs réelles», note mardi le Parti Evangélique suisse (PEV).

«Malgré une perte de 19,7 milliards de francs et en dépit de plus de 50 milliards de francs d’argent public, l’UBS verse encore plus de 2.2 milliards de francs de bonus. Alors qu’un milliard est lié par des garanties contractuelles, 1,2 milliards de francs sont distribués librement. C’est un affront inadmissible envers le contribuable», note pour sa part Travail.Suisse, qui regroupe des fédérations anciennement affiliées à la Confédération des syndicats chrétiens de Suisse (CSC) et à la Fédération des sociétés suisses d’employés (FSE).

L’UBS a-t-elle réellement tiré les bonnes leçons de sa débâcle, se demande pour sa part le PEV. Pour le parti évangélique, «des doutes sont justifiés, si l’on considère la question des bonus. Si l’UBS se ravise et revient à des valeurs durables, telles la crédibilité ou l’autolimitation, alors elle pourra croître de manière qualitative et trouver un chemin hors de la crise».

Le PEV préconise par conséquent un droit de parole pour les actionnaires et l’Etat en matière de fixation de salaires et de bonus. Des rapports de gestion réguliers devraient être transmis au Parlement concernant l’utilisation de l’argent issu des impôts. De plus, un représentant de l’Etat devrait être présent au sein du conseil d’administration de l’UBS.

«Repeindre la façade ne suffit pas», lance François Bachmann, vice-président du PEV Suisse. Cela ne suffit pas que l’UBS lance de belles paroles, elle doit agir concrètement et à nouveau offrir plus largement des crédits aux PME , afin de relancer la création de valeur ajoutée et la création d’emplois dans le pays».

«Stopper enfin cette folie des bonus»

Le PEV fustige «l’effondrement des valeurs au sein du management bancaire» et le fait que «durant des années, des salaires fantaisistes, qui n’avaient rien à voir avec une gouvernance d’entreprise sérieuse, ont été versés sur la base de gains boursiers». Le parti évangélique exige que l’UBS – qui reçoit des milliards d’argent public – revoie fondamentalement son système salarial et accorde aux actionnaires le droit de décision pour la fixation des salaires des cadres supérieurs, comme cela est demandé dans l’initiative «contre les rémunérations abusives». L’Etat, en tant qu’actionnaire, doit insister sur cette refonte salariale.

Travail.Suisse demande de son côté la réintroduction des salaires fixes «pour stopper enfin cette folie des bonus». «Une perte de 19,7 Mrd. de francs, un milliard de francs retirés par les clients et la suppression de 5’777 postes de travail reflètent la plus mauvaise année dans l’histoire de l’UBS», poursuit Travail.Suisse, qui juge que distribuer librement 1,2 milliard de francs aux collaborateurs – alors qu’1 milliard de francs sont liés par des engagements contractuels – relève d’une «déconnexion de la réalité» et de «l’effronterie». Le syndicat qualifie que verser ces bonus «est d’une rare impudence au vu de la crise dans laquelle se trouve l’UBS, en particulier auprès du contribuable», et tourne en dérision «la fable du salaire selon la prestation». (apic/com/be)

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