Proche-Orient: La fondation Hommes de paroles poursuit sa caravane pour la paix
Déo Negamiyimana, pour l’Apic
Jérusalem, 11 février 2009 (Apic) Depuis le 18 janvier, la fondation genevoise Hommes de paroles sillonne la Palestine et l’Israël pour apporter son soutien matériel et moral aux populations des 2 pays. Témoignage du Français Alain Michel, président de la fondation, qui donne une autre vision de la situation sur place tout en proposant des activités pour consolider la paix dans la région.
C’est une tournée unique en son genre que les membres de la Fondation Hommes de paroles effectuent au Proche-Orient alors que l’accès à certaines régions comme la bande de Gaza relève encore d’une gageure. «Pour des raisons spécifiques de procédures sécuritaires avec les autorités israéliennes, nous n’avons pu faire entrer à Gaza que 220 tonnes de marchandises d’urgence que transportaient 10 semi-remorques. Seule une équipe de 3 personnes de la Fondation est entrée dans la bande de Gaza pour une semaine», indique Alain Michel, qui souligne que c’était le premier convoi civil à pouvoir entrer dans la région, depuis le début du récent conflit. «Nous sommes arrivés, se souvient-il, très providentiellement. C’était le moment de pénurie extrême pour les populations que nous avons pu approvisionner en commençant par les familles et les enfants.»
Soulager le maximum de détresse
Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontre, la Fondation assure qu’elle compte rester encore un moment dans la région. Pour les participants au convoi pour la paix, le cessez-le-feu ne suffit pas. Il risque de détourner les projecteurs médiatiques de la souffrance des populations. Si le séisme de la guerre semble déjà estompé, d’autres drames en cascade vont se multiplier. «C’est ce qui pousse la Fondation à rester sur place, avec les habitants de Gaza, pour les accompagner, tenter de soulager le maximum de détresse et les aider à préparer leur avenir», explique Alain Michel.
Un deuxième convoi devrait passer à Sdérot cette semaine, afin de manifester un soutien aux populations civiles du Sud d’Israël. A cette occasion, les enfants de Sdérot remettront les dessins et les messages qu’ils ont réalisés à l’intention des enfants de l’école de la paroisse de Gaza ville, dont les enfants préparent, eux aussi, messages et dessins destinés aux enfants de Sdérot qu’ils recevront au retour du convoi.
Un troisième convoi est prévu pour la bande de Gaza à la fin février. Il sera accompagné d’une vingtaine de représentants des trois religions. «Les procédures pour leur entrée à Gaza sont en cours de finalisation», assure le président de la Fondation qui compte sur le soutien du Congrès Mondial des Imams et Rabbins pour la Paix.
Sortir du défaitisme et du fatalisme
Pour Alain Michel, l’aide matériel aux populations ne suffit pas. «Il faut, dit-il, sortir du défaitisme et du fatalisme. Les exprimer est désespérance coupable, coupable de complicité avec le mal». «Quasiment tous les Palestiniens et les Israéliens aspirent à la paix», estime le Français qui croit que les deux peuples n’ont pas vocation à être ennemis car ils sont frères et voisins. «Cependant, note-t-il, en raison d’un passif aussi douloureux et d’un présent aussi grave, ils ne sont plus capables de l’instaurer seuls. Ils demandent l’aide de la communauté internationale pour les aider à y parvenir.»
Au sein de la Fondation Hommes de Parole, les Palestiniens ne sont pas victimes des Israéliens, pas plus que les Israéliens sont victimes des Palestiniens, tous sont victimes de la communauté internationale qui n’a pas assumé ses devoirs. Jusqu’à présent, son implication se limitait pratiquement en bonnes paroles, critiques et conseils. Elle commence à s’impliquer concrètement et le fera de plus en plus, ce qui rend optimiste les membres de la Fondation qui ont déjà mis en place une série de mesures destinées à réconcilier les deux peuples.
Il s’agit entre autres de développer les rencontres et le dialogue afin de faire disparaître l’incompréhension et la peur jugée première responsable de la division. La fondation veut en plus procéder à l’installation d’un «mur du dialogue et de la paix» qui par écrans géants interposés, permettra aux Israéliens et aux Palestiniens de Gaza et des Territoires de se voir et de se parler, puisque il leur est impossible actuellement de se rencontrer.
Il y aura aussi d’autres convois pour la Paix et un pont routier permanent avec Gaza. La fondation pense aussi publier un livre d’histoire des deux populations, écrit par des historiens israéliens et palestiniens. Traduit en hébreu et en arabe, il sera distribué gratuitement à tous les écoliers des deux communautés. Dans le même esprit, un livre d’apprentissage du judaïsme, de l’islam et du christianisme sera édité et distribué en hébreu et en arabe afin que les enfants découvrent la religion de l’autre. Tout un programme de réconciliation. (apic/dng/bb)
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