Pas question d’»assainir» l’Eglise, comme le veulent les intégristes
Salzbourg, 11 février 2009 (Apic) L’archevêque de Salzbourg a sévèrement critiqué la Fraternité St-Pie X et a rejeté les tentatives d’»assainir» l’Eglise, comme le veulent les intégristes. Mgr Alois Kothgasser, au contraire, ne voit de sortie de la crise actuelle que traverse l’Eglise que dans une réflexion accrue sur le Concile Vatican II.
Dans une interview publiée par l’archidiocèse de Salzbourg, Mgr Alois Kothgasser dit évidemment comprendre que pour le pape Benoît XVI restaurer l’unité de l’Eglise est de la plus haute importance. Mais à ses yeux, celui qui rejette le Concile Vatican II ne se situe plus sur le terrain de l’Eglise catholique romaine. Et d’après tout ce qui a été dit ces derniers temps de la part de certains membres de la Fraternité sacerdotale St-Pie X en ce qui concerne des décisions importantes du Concile, il ne faut pas s’attendre qu’on puisse arriver à une réintégration quand les conditions n’en sont pas clairement formulées et cela sans équivoque possible.
Aussi longtemps que le refus des déclarations du Concile Vatican II est maintenu de façon obstinée, il ne lui paraît pas qu’il s’agisse uniquement d’un schisme, mais finalement aussi d’une hérésie. Car il s’agit ici d’un choix déterminé du dépôt de la foi qui exclut d’autres éléments de la doctrine voire les refuse. Pour Mgr Kothgasser, s’il devait s’avérer que la Fraternité St-Pie X ordonne prochainement d’autres prêtres contre la volonté expresse du pape, «il est clair que la volonté d’unité n’est réellement présente que d’un côté».
Quant à la négation de l’holocauste par Mgr Williamson, l’un des quatre évêques intégristes dont le pape a levé l’excommunication, «il se disqualifie lui-même». Mgr Kothgasser relève encore la question fondamentale: est-ce que l’Eglise doit être «assainie» pour devenir pareille à une «secte» avec seulement quelques membres «fidèles à la ligne», ou bien doit-elle rester l’Eglise de Jésus Christ, qui offre de l’espace pour la diversité, qui est ouverte ?
L’archevêque de Salzbourg estime que l’un des éléments clefs du débat actuel est le Concile Vatican II. «C’est peut-être le moment d’à nouveau faire connaître le Concile, à tous les niveaux, et dans tous les groupements de l’archidiocèse». (apic/com/salz/be)
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