Pologne: La moitié des prêtres polonais souhaiteraient mettre fin au célibat, selon une étude
Varsovie, 15 février 2009 (Apic) La moitié des prêtres polonais souhaiteraient mettre fin au célibat, selon une étude. Ce qui représente une surprise, dans ce pays où le clergé passe pour conservateur. 12% assurent vivre déjà avec une femme; un tiers des ecclésiastiques admettent, selon l’étude, avoir eu des « rapports libres » avec des femmes.
Des responsables catholiques de Pologne n’ont du reste pas manqué de critiquer cette étude, qui affirme en effet que plus de la moitié des prêtres du pays souhaitent avoir une épouse et fonder une famille.
« Tout ce que je peux dire, c’est qu’on a souvent recours à des généralités dans cette étude, et qu’il est difficile d’être d’accord avec les interprétations et conclusions présentées », a déclaré à l’Agence oecuménique ENI Mgr Wojciech Polak, président du Conseil des vocations de l’Eglise en Pologne.
L’étude a été menée par Jozef Baniak, professeur à l’Université de Poznan. Elle suggère que 54% des prêtres polonais sont pour la fin du célibat, tandis que 12% auraient affirmé déjà vivre avec une femme.
Exposant ses conclusions dans le journal Gazeta Wyborcza, cité vendredi 13 février par ENI, Jozef Baniak a déclaré que plus de la moitié des 823 prêtres polonais interrogés font état d’une « crise profonde et de longue date dans leur identité pastorale ». Les problèmes liés au célibat seraient l’une des causes les plus récurrentes, bien avant les conflits avec la hiérarchie de l’Eglise ou les doutes quant à leur foi.
Un tiers des ecclésiastiques ont admis avoir eu des « rapports libres » avec des femmes ou des « rapports sexuels sans obligations », a indiqué Jozef Baniak. Il a affirmé avoir reçu « de nombreuses lettres » de la part de prêtres expliquant leur « besoin de relations personnelles » avec des femmes.
Les jeunes surtout?
« C’est en train de devenir un problème pour les jeunes prêtres, ordonnés depuis quelques années seulement, en particulier pour ceux dont les émotions et la sexualité ne sont pas encore bien établies », a déclaré le chercheur, dont la spécialité est la sociologie de la religion et de la moralité. « Les jeunes qui entrent au séminaire en sortant de l’école sont souvent confrontés à de graves problèmes avec leur foi et leur religiosité. De plus, les prêtres célibataires ne sont plus la seule autorité morale ni le seul modèle à suivre », a indiqué Jozef Baniak.
La parution de cette étude intervient suite à l’annonce d’une baisse de 36 % des inscriptions dans les 84 séminaires catholiques de la Pologne depuis 2004. En 2008, 953 personnes s’étaient inscrites au séminaire, tandis qu’elles étaient 1’500 quatre ans plus tôt, et 362 femmes ont demandé à entrer dans un ordre religieux alors qu’elles étaient deux fois plus en 2004.
Le père Pawel Bortkiewicz, doyen adjoint de la Faculté de théologie de l’Université de Poznan, a déclaré dans la Gazeta Wyborcza, que les « opinions et positions » du professeur Baniak étaient en contradiction avec l’enseignement catholique. Selon le père Bortkiewicz, il a été demandé au professeur Baniak de « revoir ses positions ».
« Je sais que ce n’est pas vrai qu’un prêtre sur deux veuille un enfant », a affirmé le père Bortkiewicz. « Si l’on me demandait si la chaleur d’une famille ne me manque pas, je ne pourrais pas le nier. Mais cela ne signifie pas que je suis pour l’abolition du célibat ». (apic/eni/pr)
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