Pour quel rôle, dans ces religions marquées par le patriarcat?

Marseille: Les femmes restent en quête de reconnaissance dans les religions monothéistes

Marseille, 19 février 2009 (Apic) Marquées par 2000 ans d’exclusivité masculine dans la gestion du sacré, les religions monothéistes ont du mal à intégrer des femmes dans leurs instances de direction. Le quotidien «La Croix» allume le projecteur sur ce phénomène.

Les religions monothéistes ne sont pas " machos» mais marquées par 2000 ans de patriarcat: c’est sur ce constat que s’est clos, mi-février à Marseille, le colloque «Quel avenir pour les femmes dans les religions monothéistes ?», organisé par «Filles d’Abraham en dialogue», un groupe de réflexion féministe multiconfessionnel marseillais.

Pour Iris Reuter, pasteure réformée de Marseille Nord-Vitrolles, citée par le quotidien catholique, les femmes ont «leur place dans les institutions protestantes», mais «la misogynie a pris le dessus» dans la traduction du récit de la Genèse : «Dans le second récit, Adam est toujours précédé d’un article. On dit souvent que c’est de la côte de l’homme que la femme a été créée. Or, Adam désigne l’espèce.»

Dans le judaïsme orthodoxe, nombre de femmes en cas de divorce se voient encore refuser par leur mari le guet (acte de divorce) indispensable pour se remarier. Chez les catholiques, les femmes sont à la fois «partout» et «invisibles» : «Elles représentent 95 % des 22’000 catéchistes et plus de 90 % des animateurs laïcs diocésains, mais il n’y a pas de volonté générale de les mettre en valeur dans les lieux décisionnels», regrette Agnès Manesse, secrétaire générale de l’Action catholique des femmes, citée par Corinne Boyer, qui donne un aperçu de ce colloque dans les colonnes de «La Croix».

Dissocier «pouvoir et sacerdoce»

«Les institutions des Églises restent marquées par vingt siècles d’histoire où les hommes ont été les seuls habilités à gérer la relation au sacré. Nous devons réinterroger ensemble notre approche théologique pour éviter la dichotomie entre le corpus biblique et les pratiques», estime pour sa part Pierre-Yves Debrenne, vice-président du Consistoire de l’arc phocéen de l’Église réformée.

La présence de femmes aux postes de responsabilité est pourtant un mouvement «inéluctable» commente de son côté Janine Elkouby, élue en janvier 2007 vice-présidente du consistoire israélite du Bas-Rhin : «Cette grande victoire est intervenue après un combat d’arrière-garde acharné. Au fond, il ne s’agit que de lutte de pouvoir», dit-elle.

«La dissociation entre pouvoir et sacerdoce permettrait à l’Église de ne plus se priver de sa part féminine qui, en vivant la foi différemment, apporte une vraie richesse», insiste Agnès Manesse. Qui voit dans la proposition d’ouvrir un ministère de lecteur aux femmes, émise en octobre par le synode sur la Parole de Dieu, «une ouverture pleine d’espérance». (apic/cx/cb/pr)

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