Nigeria: Un groupe musulman condamne les violences interreligieuses du week-end dernier
Lagos, 25 février 2009 (Apic) Le groupe musulman nigérian «Muslim public affairs centre» (MPAC) a condamné, en des termes sans équivoque, la violence religieuse du week-end dernier dans l’Etat de Bauchi, dans le nord du Nigeria. De son côté, l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) a fait état de l’incendie de douze églises, d’une mosquée et de plusieurs maisons lors de ces troubles qui ont fait au moins onze morts, selon la police.
Dans un communiqué diffusé par «Leadership», journal en ligne du gouvernement nigérian, le MPAC a déclaré que ces violences incessantes dans la partie nord de la Fédération s’écartent de la doctrine de l’islam et du christianisme. Les deux religions «respectent le caractère sacré de la vie et interdisent tout crime contre l’humanité».
Ne pas utiliser injustement la religion comme une arme
Les auteurs de ces troubles extrémistes doivent être rapidement livrés et traduits en justice, dit le MPAC. Ils ne peuvent justifier leurs actions «irrationnelles en utilisant injustement la religion comme une arme dans leur politique belliqueuse». Selon le MPAC, «quelles que soient les questions de fond», les évènements du week-end dernier ont montré, encore une fois, est qu’il existe un nouveau type d’extrémisme constitué toujours de personnes qui professent la foi en Dieu, tuent d’autres êtres humains contre les enseignements de leur foi.
Il dénonce «une forme d’extrémisme qui est devenu si intolérant à l’opinion, aux sentiments et à la sensibilité des autres, qu’ils sont prêts à tuer, mutiler et violer de façon arbitraire, le caractère sacré des lieux de culte», poursuit le communiqué, signé du chargé des médias et de la communication du MPAC, Disu Kamor. Il dénonce aussi la «brutalité et les meurtres de sang-froid» de plusieurs citoyens, qualifiant cet acte d’horrible et de péché «condamnable» à tous les coups.
Le MPAC a exhorté instamment, tous les musulmans et chrétiens de Bauchi, de «s’ouvrir et de s’ériger en défenseurs de la paix et de la non-violence». Ils devront sensibiliser chaque groupe à utiliser toutes les ressources nécessaires dans l’ensemble de leurs traditions, afin de promouvoir la compréhension et la paix entre les populations.
Les violents sont une «minorité dévoyée»
«La grande majorité de ceux qui croient en la coexistence pacifique et la tolérance religieuses doit être protégée contre la minorité dévoyée qui continue de semer la terreur à volonté», a encore souligné l’organisation musulmane. Le groupe a également exhorté le gouvernement de l’Etat de Bauchi et, de manière générale, tous les Etats du Nord du Nigeria, à faire de la prédication de la tolérance religieuse, l’un des objectifs «cardinaux» de la gouvernance. L’effusion de sang et la destruction économique qui sont à l’origine de l’instabilité et qui sont une menace à la coexistence sociale des Nigérians sont «évitables».
De son côté, la section des Etats du Nord de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) a déploré le silence, sur les émeutes, du président de la Fédération, Umaru Yar’Adua (musulman) et de son vice-président, le chrétien Jonathan Goodluck.
Lors d’une conférence de presse lundi 23 février 2009 à Kaduna (Nord), le révérend John Joseph Hayab, responsable de la section nord de la CAN a déclaré que ce sont au total douze églises et une mosquée qui ont été incendiés et plusieurs maisons détruites pendant le week-end dans le chaos. «Ce qui nous dérange le plus, c’est le silence du président et du vice-président de ce pays qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité pour les citoyens», a-t-il déploré dans un compte rendu rapporté par les quotidiens nigérians «This Day» et «The Trust». «La CAN pense que le président et son vice-président sont très faibles dans la lutte contre la situation» actuelle, a ajouté le révérend Hayab, estimant que «si des troubles de ce genre avaient eu lieu dans d’autres parties du monde, vous verrez le président sortir pour faire face au pays». (apic/ibc/be)
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