La Fondation Quilliam appelle à un islam aux couleurs britanniques

Grande-Bretagne: Les mosquées n’ont pas réussi à chasser les extrémistes

Londres, 25 février 2009 (Apic) Estimant que les mosquées en Grande-Bretagne n’ont pas réussi à chasser les extrémistes, la Fondation Quilliam à Londres en appelle à un islam aux couleurs britanniques.

Pour cette organisation, qui se donne pour but de lutter contre le fondamentalisme et de créer une passerelle entre l’islam et l’Occident, les mosquées en Grande-Bretagne ont perdu le contact avec les musulmans britanniques et n’ont pas réussi à éradiquer l’extrémisme. La Fondation fait notamment référence à la récente étude sur le sujet menée par sa collaboratrice Anya Hart Dyke.

Ce groupe de réflexion fondé par d’anciens militants islamistes (*) cite une étude montrant que 97% des imams actifs en Grande-Bretagne sont nés à l’étranger, alors que la majorité des musulmans du pays y sont nés.

Ces imams sont « physiquement en Grande-Bretagne, mais psychologiquement au Pakistan ou au Bangladesh » et ils ne sont pas en mesure de faire face à l’extrémisme, estime la Fondation.

La Fondation Quilliam relève que dans 44% des mosquées du pays, le sermon fait avant les prières du vendredi n’est pas dit en anglais, tandis que près de la moitié de ces mosquées n’ont pas de lieux spécifiques pour les femmes, « privant ainsi d’accès la moitié de la communauté ». Maajid Nawaz, directeur de la Fondation Quilliam, affirme que les enquêtes montrent que les mosquées manquent de « résilience » pour s’opposer aux extrémistes musulmans. « Notre première ligne de défense contre le terrorisme est la capacité et l’engagement des mosquées et des communautés musulmanes afin d’éradiquer l’extrémisme. A l’heure actuelle, nous en sommes incapables! ».

Selon l’étude mentionnée, bien que les mosquées fournissent toute une gamme de services à leur communauté, nombre d’entre elles sont dirigées par des gens socialement conservateurs et appartenant à la vieille génération qui a perdu le contact avec les jeunes musulmans britanniques. Ces derniers cherchent des guides et des conseils à l’extérieur des mosquées, échappant ainsi à leur contrôle.

De nombreux imams étrangers sont mal payés et ont des connaissances limitées en anglais. Mal équipés pour se retrouver dans une société britannique complexe, libérale et multiconfessionnelle, ils sont souvent incapables d’atteindre les jeunes musulmans en leur proposant « un islam britannique sous-tendu par des valeurs britanniques », ce qui laisse le champ libre aux extrémistes.

La Fondation Quilliam a cherché à contacter un bon millier de mosquées en faisant appel à des chercheurs parlant ourdou ou bengali durant la période de ramadan à la fin de l’année dernière. Seules 512 mosquées ont finalement pu être atteintes et certaines n’ont pas répondu à toutes les questions. JB

(*) Le groupe a été baptisé Fondation Quilliam en hommage à Abdullah William Quilliam (1856-1932), un avocat de Liverpool converti à l’islam et fondateur dans cette ville de la première mosquée britannique. (apic/bbc/be)

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