Optimisme à la Commission de dialogue judéo/catholique-romaine
Genève/Lucerne/Zurich, 4 mars 2009 (Apic) A l’instar de diverses associations voire de gouvernements qui ont vivement réagi après la levée de l’excommunication par le pape Benoît XVI de l’évêque négationniste Richard Williamson, la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) s’était elle aussi dite préoccupée par cette mesure. Mais»l’affaire Williamson» ne devrait cependant pas porter atteinte fondamentalement aux relations judéo-catholiques en Suisse.
Le dialogue va se poursuivre et il est d’autant plus nécessaire actuellement, confirme-t-on mercredi à la Commission de dialogue judéo-catholique romaine (CDJC). L’évêque intégriste, qui a nié l’existence des chambres à gaz, peine à retirer»sans équivoque et publiquement» ses propos. Ses»regrets» sont considérés comme insuffisants par le Vatican. En Suisse, cependant, la tendance est à l’apaisement.
Depuis la Conférence de Seelisberg (*) en 1947 et le document»Nostra aetate» du Concile Vatican II, les développements sont positifs, a confirmé mercredi à l’Apic le rabbin Hervé Krief, à Lausanne. Membre de la CDJC, dont il se qualifie plutôt de»membre passif», le rabbin Krief affirme que l’affaire de l’évêque négationniste n’a»pas du tout porté préjudice au dialogue judéo-catholique».
Cet»incident malheureux» n’a pas dépassé le stade»épidermique», car les relations sont»bonnes et stables depuis des décennies», assure-t-il. Il y a chaque année des démissions au sein de la CDJC, et s’il y en avait cette fois-ci, ce ne serait pas forcément lié à l’affaire Williamson. Dans les relations entre le monde juif et l’Eglise catholique, estime-t-il,»il y a toujours des petits reculs, mais le mouvement majeur est un mouvement de rapprochement». Il est d’avis que dans la société actuelle le grand enjeu se situe au niveau des valeurs,»et ce sont des valeurs que nous partageons avec les catholiques».
«La résignation serait une fausse attitude»
Président de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) jusqu’en mai dernier, le médecin genevois Alfred Donath dirigeait l’organisation faîtière des juifs de Suisse depuis 2000. Il était à ce titre mandaté par la FSCI à la présidence de la CDJC. Il estime que suite aux réactions provoquées par les propos de l’évêque négationniste, l’Eglise catholique a pris les décisions correctes.
Du côté catholique, Verena Lenzen, co-présidente de la CDJC, professeure à la Faculté de théologie de l’Université de Lucerne et directrice de l’Institut de recherche judéo-chrétienne de l’Université de Lucerne, confirme également que l’état d’esprit des partenaires du dialogue est plutôt positif.»La résignation serait une fausse attitude». JB
(*) C’est à Seelisberg, en Suisse centrale, que s’est tenue, du 30 juillet au 5 août 1947, au lendemain de la 2e guerre mondiale marquée par le génocide des juifs d’Europe, la première conférence internationale réunissant des juifs et des chrétiens de diverses Eglises. Elle avait pour but d’étudier les causes de l’anti-judaïsme chrétien. Les»Dix Points de Seelisberg» adoptés à cette occasion allaient influencer de manière déterminante l’attitude de l’Eglise à l’égard de la Synagogue et contribuer à l’ouverture qui a suivi, du document conciliaire»Nostra aetate» jusqu’à nos jours. (apic/be)
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