Soudan: Mandat d’arrêt international contre le président Béchir:
La Haye, 4 mars 2009 (Apic) La décision prise mercredi par la Cour pénale internationale (CPI) d’émettre un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar el Béchir est une étape majeure dans la lutte contre l’impunité liée aux atrocités commises au Darfour, estiment une cinquantaine d’ONG, dont Amnesty Internationale et l’ACAT, qui gravitent autour de l’organisation «Justice pour le Darfour».
Le président el Béchir est accusé par la Cour de crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
La campagne " Justice pour le Darfour " appelle la communauté internationale à faire pression sur les autorités soudanaises pour qu’elles se conforment à leur obligation d’exécuter le mandat, indique mercredi un communiqué publié par les signataires de cet appel.
Selon eux, le Gouvernement du Soudan n’a traduit en justice aucune des personnes responsables de crimes de droit international commis au Darfour, et a refusé jusqu’à présent de coopérer avec la CPI et de livrer tout suspect.
" La CPI constitue le meilleur espoir de justice pour les victimes du Darfour " a déclaré Dismas Nkunda de l’International Refugee Rights Initiative. " La communauté internationale doit s’assurer que le Soudan se conforme à son obligation de coopération avec la CPI, y compris en livrant toute personne soumise à un mandat d’arrêt.»
Rappel: en 2005, le Conseil de sécurité des Nations Unies a confié au procureur de la CPI le mandat de mener des enquêtes et des poursuites sur les crimes commis au Darfour depuis 2002. La Cour a émis trois mandats d’arrêt contre: le président el Béchir, l’actuel Ministre d’Etat aux Affaires humanitaires Ahmad Harun, et le leader Janjaweed Ali Kushayb. Le procureur de la CPI a également requis des mandats d’arrêt contre trois chefs rebelles impliqués dans des attaques contre des membres du personnel international de maintien de la paix au Darfour.
La campagne " Justice pour le Darfour " appelle enfin les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à rester engagés en faveur de l’indépendance de la CPI et à exclure toute tentative d’invocation de l’article 16 du Statut de Rome, qui ajournerait l’enquête et la poursuite des crimes de droit international commis au Darfour.
Harcèlement croissant au Soudan envers les défenseurs des droits de l’Homme
Ces derniers mois, plusieurs officiels soudanais ont lancé des mises en garde selon lesquelles l’émission d’un mandat d’arrêt contre le président el Béchir mettrait en péril la sécurité du personnel et des infrastructures des Nations Unies ainsi que du personnel humanitaire au Soudan. Les organisations de la campagne «Justice pour le Darfour» s’inquiètent également du harcèlement croissant au Soudan envers les défenseurs des droits de l’Homme et d’autres personnes qui se seraient prononcées en faveur de la justice pour les victimes du Darfour.
L’avis des signataires de cet appel n’est pas partagé par tout le monde, et notamment par l’Union africaine (UA). Le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) émis contre le président soudanais Omar el-Béchir «menace la paix au Soudan», a en effet estimé le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping. Qui précise cependant que son organisation étatique est favorable à la lutte contre l’impunité: «Il n’est pas question pour nous de laisser les auteurs de crimes impunis», a-t-il dit. Reste à l’appliquer dans les faits, fait-on remarquer auprès d’ONG impliqués dans la défense des droits de la personne. (apic/ag/com/pr)
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