Sri Lanka: Moines bouddhistes et prêtres catholiques organisent l’aide aux civils
Colombo, 12 mars 2009 (Apic) La solidarité s’organise pour venir en aide aux victimes civils de la répression gouvernementale au Sri Lanka. Un groupe de bouddhistes et de catholiques fait en effet parvenir des colis de première urgence aux déplacés tamouls
Dans le nord-est de l’île, alors que de plus en plus de civils tentent de fuir la zone des combats pour se réfugier dans les territoires contrôlés par l’Etat, des bouddhistes et des catholiques organisent des convois de secours d’urgence pour les personnes déplacées.
Alors que Colombo ne cesse d’annoncer la défaite imminente des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), environ 40’000 civils ont réussi à s’échapper de la petite langue de terre de 14 kms2 encore tenue par les rebelles et bombardée sans répit par l’armée, pour rejoindre les camps de réfugiés mis en place par le gouvernement.
Dans les camps contrôlés par l’armée, les hommes sont séparés de leur famille et étroitement surveillés, chacun d’eux étant soupçonné d’appartenir au LTTE. Certaines ONG ont qualifié ces camps de « camps d’internement », et l’accès à ceux-ci est interdit aux journalistes comme aux organismes humanitaires.
A l’origine de l’initiative d’entraide, on trouve des moines bouddhistes et des prêtres catholiques qui ont lancé un appel aux dons dans les temples et les églises afin de venir en aide aux déplacés et aux soldats blessés. Ils ont reçu l’équivalent de 800’000 roupies (5’500 euros) en produits d’urgence qu’ils ont acheminés jusqu’à Vavuniya et confié aux instances officielles afin qu’elles les redistribuent.
« Les représentants des différentes religions doivent oeuvrer la main dans la main pour la paix et l’harmonie », commente le P. Neil Chrishantha, prêtre à la paroisse du Sacré-Coeur de Hettipola, qui participe au convoi.
Les secours ne peuvent parvenir aux civils en zone de combat, toujours sous les tirs et bombardements de l’armée, sans vivres, ni médicaments, ni eau potable, selon les récits des personnes qui ont réussi à s’enfuir. On estime qu’il reste encore plus de 100’000 personnes piégées dans la minuscule bande de terre de la région de Puthukudiyiruppu, au nord-est du pays. (apic/eda/pr)
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