France: Fillette violée et excommunication au Brésil: vif émoi en France
Paris, 12 mars 2009 (Apic) Plusieurs évêques de France emboîtent le pas à Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève, pour déplorer l’excommunication d’une Brésilienne qui a fait avorter sa fillette de 9 ans enceinte à la suite du viol de son beau-père. Un avortement que les médecins ont pratiqué en raison des risques pour la vie de la gamine.
Des évêques et des fidèles catholiques en France ont exprimé leur incompréhension après cette excommunication. Mgr Norbert Turini, évêque de Cahors, cité par l’Agence France presse, dit «comprendre» l’émotion suscitée par cette excommunication. «Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance?», écrit-il dans un communiqué. «L’amour et la miséricorde parlent toujours plus fort, dans les Evangiles, que la condamnation et l’exclusion», dit-il.
«Une fillette brésilienne de neuf ans violée, enceinte de deux jumeaux, une mère accablée, un avortement, une condamnation, une «excommunication» ! L’opinion publique réagit. Je comprends son émotion. Pourquoi n’avoir pas gardé le silence devant une telle détresse ? Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ? Beaucoup se questionnent. Quel sera l’avenir de cette femme, de cette fillette, à la suite de cette décision ? Qui va les accompagner ? Nous devons en conscience et fidèles à la Bonne Nouvelle nous interroger, relève Mgr Turini.
Même propos sévère de la part de l’évêque de la Mission de France, Mgr Yves Patenôtre, et de son Conseil. Les deux s’associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l’archevêque de Recife, au Brésil, d’excommunier cette maman et des médecins ayant décidé de l’avortement de la fillette de 9 ans.
«Bien sûr l’avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes».
Et la miséricorde…
Quand on invoque la « loi de Dieu », écrit-il, comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ? Cette décision abrupte d’excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant. Le ton est particulièrement ferme: «Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux».
Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes également cité par l’AFP, et responsable du groupe de travail épiscopal sur la bioéthique, dit dans La Croix que «c’est toujours la bonté qui doit se manifester». Le quotidien catholique publie sur le sujet plusieurs lettres de lecteurs qui disent leur incompréhension. «Pourquoi l’Eglise ne parle-t-elle que d’excommunication et jamais de compassion?», écrit l’un d’eux.
L’incompréhension est vive, également pour critiquer les propos du cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation des évêques, qui a justifié samedi cette excommunication. «Il faut toujours protéger la vie, l’attaque contre l’Eglise brésilienne est injustifiée», avait-il notamment déclaré. (apic/ag/com/pr)
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