Le Père Benedict Viviano a voué sa vie à la recherche biblique

Fribourg: Doctorat honoris causa américain pour un dominicain de Fribourg

Fribourg, 16 mars 2009 (Apic) Le Père dominicain Benedict Thomas Viviano, qui a consacré sa vie à la recherche biblique, recevra le titre de «Docteur honoris causa» de l’Aquinas Institute of Theology, dans la ville américaine de Saint-Louis, le 8 mai prochain. Le religieux américain d’origine sicilienne est depuis décembre dernier professeur émérite de l’Université de Fribourg, où il occupa durant treize ans la chaire francophone de Nouveau Testament.

Né le 22 janvier 1940 à Saint-Louis, dans l’Etat américain du Missouri, le Père Viviano est un «fan» de la Bible depuis l’âge de douze ans. Entré en 1959 chez les Dominicains, ordonné prêtre en 1966, il a voué sa vie à la recherche biblique.

Un spécialiste de saint Mathieu

C’est d’ailleurs dans sa ville natale, à Saint-Louis, qu’il a enseigné durant 12 ans à l’Institut dominicain de théologie Saint-Thomas-d’Aquin (Aquinas Institute of Theology), après avoir été professeur pendant onze ans à l’Ecole Biblique et archéologique française de Jérusalem (EBAF). Le Père Viviano a également été vice-président de l’Institut oecuménique de Tantur, près de Jérusalem.

Il a occupé ensuite de 1995 à 2008 la chaire francophone de Nouveau Testament à l’Université de Fribourg. Le Père Viviano est un spécialiste de saint Mathieu, «le plus judéo-chrétien des évangélistes».

Il relève les parentés qu’il y avait entre Matthieu et les rabbins, qui relevaient de maintes traditions communes. Cette parenté commune fut rappelée et revivifiée par le Concile Vatican II dans sa déclaration «Nostra Aetate» de 1965, relève le Père Viviano.

Sa thèse de doctorat «Study as Worship» (1978) porte sur la valeur religieuse de l’étude dans le rabbinisme et l’évangile de Matthieu. Elle reflète trois de ses passions: l’étude, le judaïsme (milieu juif du Nouveau Testament, mais aussi dialogue judéo-chrétien) et Matthieu. D’autres amours jalonneront sa route, rappelle son successeur, le Père Luc Devillers, professeur d’exégèse et de théologie du Nouveau Testament à la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg. Et de citer les autres centres d’intérêt de ce «théologien prolifique»: la philosophie de Hegel, l’histoire de l’Empire austro-hongrois, le souci des grandes causes sociales à la lumière du Sermon sur la montagne.

A Jérusalem, le Père Viviano dirigea la partie Nouveau Testament de l’»Illustrated Dictionary and Concordance of the Bible» (1986) et publia son livre en anglais «Le Royaume de Dieu dans l’Histoire» (1988), traduit en français, en tchèque et bientôt en allemand. Son commentaire de l’évangile de Matthieu parut en 1990 dans le «New Jerome Biblical Commentary» et fut traduit en italien, en espagnol et en croate. Lui-même traduisit en anglais la biographie du Père Lagrange, fondateur de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, par le Père Montagnes, ainsi qu’un recueil d’études de M.-E. Boismard (Moses or Jesus: An Essay in Johannine Christology, 1993). Plus tard, rappelle le Père dominicain Luc Devillers, Benedict Viviano publiera deux recueils d’articles: «Trinity- Kingdom-Church» et «Matthew and His World».

Le Père Viviano, devenu professeur émérite, donna une leçon d’adieu le 4 décembre dernier à l’Université de Fribourg sur le thème: «Le Nouveau Testament entre Charybde et Scylla: Matthieu et le dialogue interreligieux». Dans l’avenir immédiat, le Père Viviano, qui à 69 ans jouit d’une très bonne santé, a l’intention de rester au couvent de l’Albertinum, la résidence des professeurs dominicains, à Fribourg. Il voudrait écrire un nouveau commentaire de Matthieu, une histoire de l’exégèse du Nouveau Testament, ainsi qu’un livre sur l’herméneutique de la Bible. Mais il rêve aussi de partager son temps entre Fribourg, qui devrait rester son «camp de base», Vienne et Oxford, et de donner comme par le passé des conférences en Europe de l’Est. (apic/com/be)

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