Brésil: Les indigènes se mobilisent en attendant un verdict sur les terres ancestrales
Brasilia, 18 mars 2009 (Apic) Des manifestations sont attendues mercredi à Brasilia, Boa Vista et dans la réserve indigène Raposa-Serra do Sol, dans l’État amazonien septentrional de Roraima, dans l’attente du verdict du Tribunal fédéral suprême.
Après maints reports, la Cour devrait se prononcer une fois pour toutes sur la démarcation en une aire ininterrompue – et non pas en îlots, comme le souhaiteraient les secteurs anti-indigènes – du territoire ancestral où vivent 17’000 natifs des peuples Makuxi, Wapichana, Taurepang, Ingarikó et Patamona.
La Cour doit en outre se prononcer sur l’expulsion relative des cultivateurs de riz illégaux, protagonistes l’an dernier de résistances à leur évacuation et d’actes de violence à l’encontre des communautés locales.
Tout en inaugurant la campagne Ana Pata, Ana Yan (Notre Terre, Notre Mère), le Conseil indigène du Roraima (Cir) a détaché 40 délégués à Brasilia pour suivre l’audience. On attend 500 indigènes pour manifester sur la place centrale de Boa Vista tandis que 3’000 autres se réuniront dans la localité de Surumu, en territoire de Raposa, déjà prise pour cible en 2004 et 2005 par des casseurs qui avaient attaqué la mission gérée par les religieux de la Consolata, engagés aux côtés des autochtones et dont trois avaient été pris temporairement en otages.
Tout en introduisant certaines restrictions, huit des 11 juges du Tribunal suprême s’étaient déjà prononcés en faveur de la démarcation en une aire ininterrompue de la zone, avant que la sentence ne soit une nouvelle fois reportée en décembre dernier à l’initiative du magistrat Marco Aurélio Melo.
Celui-ci devrait se prononcer mercredi – contre les attentes des indigènes, semblerait-il -, de même que ses confrères Celso de Mello et Gilmar Mendes, président de la cour, dont le vote devrait être favorable, si l’on s’en réfère aux indications de la presse brésilienne. Dionito José de Souza, coordinateur du Cir, a déclaré qu’il espérait que le procès se termine en faveur des peuples indigènes qui, avec le soutien des évêques brésiliens, avaient obtenu du président Luiz Ignacio Lula da Silva, après 26 ans de batailles judiciaires, l’attribution formelle de 1,7 million d’hectares de terrains.
Mais cette victoire des natifs est encore largement obscurcie par les intérêts des propriétaires terriens, des cultivateurs de riz, des compagnies minières et des entreprises de bois, de connivence avec les autorités locales. (apic/misna/pr)
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