Yaoundé: Le pape a quitté le Cameroun et invité ses habitants à éliminer l’injustice
De notre envoyé spécial au Cameroun, Antoine-Marie Izoard, I.Media
Yaoundé, 20 mars 2009 (Apic) Benoît XVI a quitté vendredi le Cameroun, après trois jours passé à Yaoundé. Le pape a exhorté les habitants du pays à «éliminer l’injustice, la pauvreté et la faim» autour d’eux, en quittant le pays en milieu de matinée.
Au cours de sa brève intervention à l’aéroport de Yaoundé, le pape a aussi fait part de son émotion lors de sa rencontre, la veille, avec quelque 200 malades. L’avion pontifical s’est ensuite envolé vers Luanda, la capitale de l’Angola, deuxième et dernière étape de son voyage en Afrique où il était attendu en milieu de journée.
En présence du président de la République du Cameroun, Paul Biya, le pape a ainsi particulièrement invité les «habitants du Cameroun» à «saisir l’instant que Dieu (leur) a donné». «Répondez à son appel à porter la réconciliation, la guérison et la paix à vos communautés et à votre société», leur a ainsi demandé le pape. «Travaillez, a-t-il ensuite lancé, pour éliminer l’injustice, la pauvreté et la faim partout où vous les rencontrez».
Plus de 40 % des Camerounais vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté dans un pays où la crise économique actuelle fait des ravages, entraînant une hausse vertigineuse des prix et une insécurité grandissante.
Après avoir remercié le Cameroun de la «chaleur de son hospitalité», Benoît XVI a confié qu’il avait trouvé «très émouvant», la veille, «de constater l’attention portée aux malades et aux handicapés, qui font partie des membres les plus vulnérables de notre société».
En quittant la nonciature de Yaoundé et avant de rejoindre l’aéroport, Benoît XVI a rencontré un groupe d’une quinzaine de Pygmées Baka de 3 générations différentes. Recevant le pape devant une cabane en feuilles qu’ils avaient construite dans le jardin de la résidence du pape, ils lui ont offert une tortue, une natte et un panier. Ils ont interprété des chants et exécuté des danses à l’intention du souverain pontife.
En route vers l’Angola
C’est à nouveau à bord d’un avion de la compagnie italienne Alitalia que Benoît XVI et sa suite, ainsi que quelque 70 journalistes, ont ensuite fait route vers Luanda (Angola), à un peu plus de 2 heures de vol de Yaoundé. L’avion du pape est attendu sur place à 12h15 (heure locale, GMT +1), pour une cérémonie d’accueil en présence du président angolais, José Eduardo Dos Santos.
Comme le veut la tradition, Benoît XVI a envoyé un télégramme aux pays dont il survolait l’espace aérien, dont la République démocratique du Congo (RDC) et le Congo Brazzaville. Le pape a formulé «des voeux ardents pour la paix et la prospérité» au Congo Brazzaville. Dans son télégramme au président de RDC, il a souhaité «l’unité de tous les Congolais, au sein d’une communauté nationale réconciliée et mobilisée pour la reconstruction du pays».
Au 4e jour de son voyage en Afrique, au «palais du peuple», le pape devrait, en fin d’après-midi, s’entretenir en privé avec le président Dos Santos avant de tenir un discours attendu devant les autorités civiles angolaises et le corps diplomatique accrédité à Luanda. Ce discours devrait être le plus politique de son séjour africain, s’adressant au continent et à la communauté internationale tout entière. En fin de journée, il devrait ensuite s’entretenir avec les évêques de la Conférence épiscopale d’Angola et de São Tomé & Principe (petit Etat insulaire dont l’épiscopat est rattaché à celui de l’Angola).
Ancienne colonie portugaise ayant obtenu l’indépendance en 1975, l’Angola est, avec ses 1 246 700 km2, le cinquième territoire du continent africain en termes de superficie. Le pays situé au sud-ouest de l’Afrique est 14 fois plus grand que le Portugal, et plus grand que la France, l’Allemagne et l’Italie réunies. Avec 16 millions d’habitants, l’Angola compte un peu plus de 55 % de catholiques, 15 % de protestants, 28 % de fidèles des religions traditionnelles et quelque 80 000 musulmans.
Entre 1975 et 2002, l’Angola a connu une guerre civile sanglante qui coûta à la jeune nation au mois 500 000 morts. Des affrontements armés ont particulièrement opposé le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), soit les métis et les citadins soutenus par l’URSS et Cuba, avec l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA), un mouvement appuyé par les Occidentaux (Etats-Unis et Royaume-Uni), ainsi que l’Afrique du Sud. (apic/imedia/ami/pr)
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