Angola: Le pape appelle à évangéliser les adeptes de la sorcellerie
De notre envoyé spécial en Angola, Antoine-Marie Izoard, I.Media
Luanda, 22 mars 2009 (Apic) Le pape Benoît XVI a appelé samedi, au second jour de sa visite en Angola, les catholiques à travailler à la conversion des adeptes de la sorcellerie, nombreux dans cette région d’Afrique sub-équatoriale.
Benoît XVI a invité les catholiques angolais à «présenter le Christ» à leurs concitoyens, y compris à ceux qui vivent dans «la peur des esprits» ou «des pouvoirs néfastes», dans la matinée du 21 mars. Visiblement éprouvé par la chaleur, le pape a célébré la messe dans l’église Saint-Paul de la capitale angolaise avec les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, les mouvements ecclésiaux et les catéchistes d’Angola et de Sao Tomé.
Dans son homélie en portugais, après avoir évoqué l’histoire de l’évangélisation de l’Angola, initiée 5 siècles plus tôt et marquée par des «messagers de Dieu héroïques et saints», Benoît XVI a ainsi encouragé les fidèles à «présenter le Christ ressuscité à (leurs) concitoyens». «Ils sont si nombreux à vivre dans la peur des esprits, des pouvoirs néfastes dont ils se croient menacés», a alors noté le pape avant de regretter que ceux qui sont «désorientés (…) en arrivent à condamner les enfants des rues et aussi les anciens, parce que – disent-ils – ce sont des sorciers».
A la question de savoir pourquoi ne pas laisser «en paix» les adeptes de sorcellerie et des croyances ancestrales, le pape a répondu que si les fidèles sont «convaincus» et ont «fait l’expérience» que, «sans le Christ, la vie est inachevée», alors ils ne font «d’injustice à personne» en présentant «le Christ». «C’est un devoir, a insisté le pape, d’offrir à tous cette possibilité dont dépend leur éternité».
En Angola, la plus grande partie de la population est chrétienne (94 %), et un peu plus de la moitié de la population est catholique (55 %). A l’intérieur du pays, on trouve cependant toujours des membres de la population rurale adeptes des pratiques traditionnelles des religions indigènes.
Plusieurs groupes religieux ont été interdits par les autorités, accusés de pratiquer des exorcistes rituels dommageables envers des adultes et des enfants accusés de sorcellerie. Bien que la loi ne reconnaisse pas l’existence de la sorcellerie, les actes traumatisants commis durant la pratique de ces rituels sont considérés comme illégaux. Les membres de ces groupes religieux n’ont cependant été victimes d’aucune persécution de la part du gouvernement.
Récemment, le pays a été particulièrement secoué par de terribles histoires d’enfants abandonnés, maltraités, torturés et tués car accusés de sorcellerie. D’une manière générale, les accusations de sorcellerie et les mauvais traitements envers les enfants sont considérés comme fondés, ce qui minimise aux yeux de la société la gravité des actes cruels commis par les familles. Après avoir été incriminés, les enfants sont rarement réinsérés dans la famille et finissent dans la rue.
Publiés en juin 2006, les Lineamenta du prochain Synode pour l’Afrique avaient déjà évoqué le «drame des enfants sorciers». Plus largement, ils indiquaient que les «chrétiens s’opposent aux sorciers et aux sorcières modernes qui sèment partout en Afrique la misère et la mort, avec leurs armes et leurs politiques criminelles».
Le pape a célébré la messe devant plus de 1500 personnes dans l’église Saint-Paul de Luanda, dont beaucoup de prêtres et religieux. Lors de cette messe où les chants alternaient entre le latin et le portugais, Benoît XVI a semblé particulièrement accablé par la chaleur, autour de 30 degrés.
L’avenir, c’est Dieu’, lance Benoît XVI aux jeunes Angolais
«O futuro é Deus». «L’avenir, c’est Dieu», c’est ainsi que Benoît XVI a encouragé les jeunes Angolais, le 21 mars, à prendre des «décisions définitives» malgré «la culture individualiste et hédoniste» actuelle. Au stade de Luanda, en présence de victimes de la guerre civile, le pape a invité les quelque 30’000 jeunes à ne pas «demeurer d’éternels enfants».
«Dieu fait la différence», a encore lancé le pape aux milliers de jeunes angolais qui remplissaient les tribunes et la pelouse du stade sur laquelle était installé son podium.
Le pape a également reconnu que «la culture sociale dominante ne (les) aide pas» et que, «face au risque de s’engager pour toute la vie, que ce soit dans le mariage ou dans une consécration particulière», ils éprouvent «de la crainte». Benoît XVI a ensuite expliqué que ces «doutes» étaient renforcés par «la culture individualiste et hédoniste».
Le discours du pape a pris une tournure plus locale lorsqu’il a évoqué la présence, à ses côtés, «de jeunes angolais qui sont mutilés à cause de la guerre et des mines». «Je pense aux torrents de larmes que tant de vous ont versé à cause de la perte de membres de vos familles, et il n’est pas difficile d’imaginer les sombres nuages qui couvrent encore le ciel de vos rêves les plus beaux», a confié le pape après avoir, quelques instants plus tôt, salué une victime dans son fauteuil roulant.
Souvent très serrés sur la pelouse ou en plein soleil depuis de nombreuses heures dans les tribunes du stade, plus 30’000 jeunes ont ainsi écouté Benoît XVI, d’une oreille. Le plus souvent, le stade – qui avait aussi accueilli Jean Paul II en 1982 -, était empli de cris et de chants.
A son entrée dans le stade, Benoît XVI avait été accueilli comme une vraie star de football, au cri de : «Papa, amigo, Angola está contigo».
Assis ensuite dans un grand trône rouge, le pape a assisté, amusé, un bras sur l’accoudoir, à de longues danses africaines exécutées pour lui, sous ses yeux, au rythme des tambours. Le service d’ordre de ces espèces de ’JMJ angolaises’ était assuré par des centaines de scouts en grand uniforme. A de très nombreuses reprises, ceux-ci ont dû intervenir pour évacuer des jeunes victimes de malaises en raison de la forte chaleur. (apic/imedia/ami/pr)
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