Le pape n’a jamais parlé de l’avortement thérapeutique

Angola: Mise au point du Vatican sur des propos de Benoît XVI

Luanda, 22 mars 2009 (Apic) Le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a souhaité apporter une « clarification », le 21 mars, après l’interprétation par certains médias des propos tenus la veille au soir par Benoît XVI sur l’avortement, à Luanda (Angola).

« Le pape n’a jamais parlé d’avortement thérapeutique », a ainsi affirmé le porte-parole du Vatican lors d’une rencontre avec la presse, avant de préciser que celui-ci n’était pas « toujours » refusé. Pour la première fois, il a aussi indiqué que l’excommunication, au Brésil, d’une fillette ayant avorté après avoir été violée, avait été « prononcée trop rapidement ».

« Le pape n’a absolument pas parlé d’avortement thérapeutique », a ainsi affirmé le père Federico Lombardi, précisant que Benoît XVI n’avait « pas dit que l’avortement thérapeutique doit être toujours refusé, comme quelqu’un l’a dit ». La veille au soir, l’Agence France Presse, en particulier, avait indiqué que Benoît XVI, intervenant au palais présidentiel à Luanda, avait « abordé un nouveau sujet polémique en s’opposant à la promotion de l’avortement thérapeutique », et cela peu après la « polémique sur le préservatif ».

Ce point a été « mal interprété ou rapporté », a alors précisé le père Lombardi, avant d’expliquer que « le point auquel le pape a fait référence concerne la santé maternelle et reproductive ». « Ce que dit le pape, a-t-il précisé, est de ne pas soutenir les concepts de santé reproductive en vue d’autoriser largement l’avortement comme méthode de régularisation des naissances ».

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a été interrogé sur le cas précis de l’excommunication prononcée par l’évêque de Recife (Brésil) à l’égard de la mère d’une fillette ayant avorté de jumeaux après avoir été violée. Si le père Lombardi a confié ne pas avoir « beaucoup d’informations précises » sur ce cas, il a invité à relire « les propos de Mgr Fisichella, dans L’Osservatore Romano, sur une excommunication déclarée trop rapidement ». Le président de l’Académie pontificale pour la vie avait ainsi dénoncé, le 15 mars dernier, « l’urgence et la publicité » avec lesquelles l’archevêque de Recife avait excommunié la mère de la fillette et l’équipe médicale qui avait pratiqué l’avortement.

Revenant sur le Protocole de Maputo (2003), évoqué dans l’intervention de Benoît XVI devant les autorités angolaises et le corps diplomatique au palais présidentiel de Luanda, le père Lombardi a indiqué qu’il y avait, dans ce « document sur les droits des femmes en Afrique (…) de nombreux points sur lesquels l’Eglise est d’accord et très engagée ». Il a alors cité en exemple « la question des mutilations génitales ou la liberté de mariage ».

Français sondés

Les propos du pape sont largement répercutés par les médias du monde entier. En même temps que grandissent un certain nombre de polémique. En France, un sondage Ifop publié par le Journal du dimanche, cité par l’AFP, rapporte que 43% des catholiques français souhaitent le départ du pape Benoît XVI, contre 54%, qui ne le souhaitant pas. 3% ne se prononcent pas. La proportion de catholiques français souhaitant un départ du pape Benoît XVI monte à 47% parmi les non pratiquants, mais baisse à 31% chez les catholiques pratiquants.

Interrogés pour savoir si l’Eglise catholique doit « modifier son discours et ses positions pour tenir compte des changements intervenus dans la société et dans les moeurs », une très forte majorité des catholiques français estiment que oui, notamment sur la contraception. (apic/imedia/ag/pr)

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