Un théologien allemand appelle l’Eglise catholique à revoir son jugement sur Luther
Berlin/Rome, 23 mars 2009 (Apic) Le pasteur allemand Günther Gassmann, spécialiste international de l’unité de l’Eglise, a appelé l’Eglise catholique à déclarer officiellement que l’excommunication de Martin Luther ne s’applique plus.
Une déclaration de la sorte, « en cette période pauvre en événements oecuméniques constituerait un pas remarquable et un signe d’espérance et d’encouragement », a déclaré le pasteur Gassmann, un théologien luthérien allemand qui fut le directeur de la Commission de Foi et constitution du Conseil oecuménique des Eglises de 1984 à 1995.
Né en 1483, Luther a été formé en tant que moine catholique, mais il a été excommunié par l’Eglise catholique en 1521 pour avoir refusé de rétracter ses enseignements, que l’Eglise considérait comme hérétiques.
A l’occasion d’une conférence donnée le 19 mars à Rome, rapporté par l’Agence oecuménique ENI, le pasteur Gassmann a rappelé qu’en 1983, une déclaration luthérienne-catholique commune marquant le 500e anniversaire de la naissance de Luther avait été publiée. Cette déclaration visait à élaborer une position commune sur l’oeuvre et l’héritage du réformateur.
« Luther, symbole et incarnation majeurs des 400 années de conflit et de division entre catholiques et luthériens, est désormais considéré comme un professeur commun », a indiqué le pasteur Gassmann au Centro Pro Unione, un centre de recherche oecuménique situé dans la capitale italienne. Le pasteur a exhorté l’Eglise catholique à reconnaître officiellement « cette nouvelle perspective sur Martin Luther ».
Le pasteur Gassmann a présenté une vue d’ensemble des résultats du dialogue catholique-luthérien de 1965 à 2005. Il s’est félicité de la signature, en 1999, par l’Eglise catholique et la Fédération luthérienne mondiale (FLM), de la Déclaration commune à propos de la doctrine de la justification, qu’il a qualifiée d’événement « unique », portant sur la différence théologique la plus fondamentale entre les deux traditions.
Impliqué dans l’étape finale
C’était la première fois – et ce fut jusqu’à présent la seule – qu’un dialogue bilatéral entre l’Eglise catholique et l’un de ses partenaires de dialogue déboucha sur des résultats officiels concrets, a ajouté Günther Gassmann.
Le pasteur a par ailleurs indiqué que le cardinal Joseph Ratzinger – l’actuel pape Benoît XVI – avait été impliqué dans l’étape finale des négociations qui ont conduit à la signature de la déclaration.
Le pasteur Gassmann a appelé la FLM – rassemblement mondial d’Eglises luthériennes – et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens – un organe du Vatican – à mettre en place un groupe spécial pour évaluer les résultats du dialogue catholique-luthérien, afin de les soumettre à une « reconnaissance et affirmation officielles ».
Sont concernées des déclarations sur l’eucharistie et d’autres questions qui divisent les Eglises luthériennes et catholique, comme la nature du ministère ordonné. (apic/eni/pr)
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