Mgr Dadeus Grings se défend d’être un négationniste

Brésil: Propos sur l’holocauste, l’archevêque de Porto Alegre suscite une vive polémique

Porto Alegre, 30 mars 2009 (Apic) L’archevêque de Porto Alegre, Dom Dadeus Grings, suscite une vive polémique au Brésil avec ses propos peu nuancés sur l’holocauste rapportés par la revue «Press & Advertising», éditée dans l’Etat méridional de Rio Grande do Sul.

L’archevêque de Porto Alegre, au sud du Brésil, se défend toutefois d’être un négationniste, estimant que ses propos ont été mal interprétés. Il a affirmé dans cette revue spécialisée dans la publicité «que durant l’holocauste, davantage de catholiques que de juifs sont morts, et que les tziganes ont été exterminés, «mais cela, ils ne le disent pas». Cela, affirme le prélat de 72 ans, n’apparaît pas parce que les juifs contrôlent «la propagande dans le monde».

Ces propos de l’archevêque de Porto Alegre, d’origine allemande mais né au Brésil, ont suscité une vive polémique. Mgr Grings a estimé vendredi dernier que les catholiques et les tziganes avaient été plus persécutés que les juifs pendant la Seconde Guerre nondiale. «Les juifs parlent de six millions de morts. Mais combien de catholiques ont-ils été victimes de l’holocauste? Ils ont été 22 millions au total», a-t-il déclaré à la revue brésilienne «Press & Advertising».

Protestations de la communauté juive

La polémique déclenchée par ces affirmations ont suscité l’intervention de la Fédération israélite de l’Etat de Rio Grande do Sul (FIRS). Cette dernière a publié une note officielle de protestation dans laquelle elle souligne «que ce n’est pas la première fois que Mgr Dadeus se réfère à l’holocauste de façon déformée».

«Nous, Brésiliens de toutes les origines, nous construisons depuis des décennies une tradition de convivialité pacifique et harmonieuse. Des affirmations telles que celles de Dom Dadeus ne contribuent en aucune manière à ce modèle qui sert d’inspiration à d’autres pays», affirme la communauté juive de Porto Alegre par la bouche du président de la FIRS, Henry S. Chmelnitsky.

Pour la Fédération, «réduire ou relativiser ainsi l’holocauste porte atteinte à la mémoire de millions de morts dans une guerre initiée par le fanatisme et par l’intolérance». Il est vrai que sous le nazisme, de nombreux catholiques sont morts, mais ils ne sont pas morts pour être catholiques, «c’est la différence avec l’holocauste», car dans ce cas, les juifs ont été envoyés à la mort pour le simple fait d’être juifs, note pour sa part l’historien Voltaire Schilling, qui enseigne à Porto Alegre.

Dans une interview accordée au journal «Zero Hora» de Porte Alegre, Mgr Grings se défend d’avoir parlé contre l’holocauste: «Au contraire, j’ai trouvé que les juifs faisaient bien de souligner leurs victimes. C’est juste, ils ont subi une douleur terrible». Mais ce que l’archevêque a voulu dire, c’est que l’on oublie tous les autres, comme les tziganes, qui ont été décimés, ou bien des homosexuels, dont on ne parle pas. De fait, il ne lui paraît pas juste que l’on ne mentionne pas toutes les victimes du nazisme. Ce faisant, affirme-t-il, il ne veut pas diminuer la mémoire de l’extermination des juifs, «mais nous devons aussi faire mémoire des autres». L’archevêque de Porto Alegre affirme dans «Zero Hora» que ses propos ont été mal interprétés et qu’il n’a rien dit contre les juifs. (apic/zh/be)

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