La crise à la tête de l’UCIP n’est pas terminée

Genève: Le Vatican ne reconnaît pas l’élection d’Else Strivens à Rome

Genève, 31 mars 2009 (Apic) La crise à la tête de l’Union catholique internationale de la presse (UCIP) n’est pas terminée. Une nouvelle fois le Vatican n’a pas reconnu l’élection d’Else Strivens comme nouvelle présidente de l’organisation catholique de journalistes. L’assemblée générale de l’UCIP avait pourtant reconduit cette journaliste sud-africaine à sa présidence en décembre dernier à Rome.

Suite au recours d’un candidat malheureux à l’élection présidentielle de décembre, adressé au Conseil pontifical pour les Laïcs (*), ce dernier a une nouvelle fois annulé l’élection. Cette démarche du Vatican suscite de nouvelles questions sur la survie de cette organisation basée à Genève et fondée il y a plus de 80 ans.

Depuis son assemblée générale de Sherbrooke (Canada) en juin 2007, l’UCIP n’a légalement plus de président, le Brésilien Ismar de Oliveira Soares n’ayant pas été réélu pour un troisième mandat. L’assemblée de Sherbrooke du 8 juin 2007 avait élu Else Strivens comme nouvelle présidente. La journaliste sud-africaine était élue conformément aux statuts de l’UCIP, mais son élection fut annulée par le Vatican en automne 2007.

Depuis bientôt deux ans, l’ancien président de l’UCIP est toujours en place

Les élections menées à Sherbrooke avaient en effet été invalidées sous prétexte que la politique restrictive en matière de visas du gouvernement canadien avait effectivement empêché un certain nombre de membres de l’UCIP de se rendre au Canada.

Des membres d’Afrique, mais également d’autres continents du Sud, n’avaient pas reçu de visas. Ils s’en sont plaints à l’UCIP, mais également au Vatican, qui avait par conséquent décidé d’annuler les élections de Sherbrooke, en se basant sur le droit canonique. Depuis bientôt deux ans, c’est l’ancien président de l’UCIP, le professeur brésilien Ismar de Oliveira Soares, qui est tout de même resté en place alors qu’il n’avait pas été réélu par l’assemblée.

Cardinal Rylko: «la vie de l’UCIP pourrait être en danger»

Suite au recours d’un candidat malheureux, la réélection d’Else Strivens, en décembre dernier lors de l’assemblée générale de Rome, a une nouvelle fois été annulée par le Vatican.

Dans une lettre adressée le 31 janvier 2009 au «président» de l’UCIP Ismar de Oliveira Soares, le cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil pontifical pour les Laïcs, s’étonne d’apprendre que pour une seconde fois les résultats de l’élection à la présidence de l’UCIP sont invalides. «Il est difficile pour le Conseil pontifical pour les Laïcs de comprendre pourquoi de nouveau on ne s’est pas conformé aux statuts, pourtant très clairs».

Le cardinal déclare «qu’à moins d’avoir un président validement élu, l’association ne peut demander l’approbation définitive de ses statuts». «Précisément, c’est durant l’assemblée que tous les problèmes doivent être étudiés et résolus, poursuit-il. S’il arrive que cela n’a pas été fait, le Conseil pontifical pour les Laïcs devra adopter des mesures sérieuses en ce qui vous concerne et la vie de l’UCIP pourrait être en danger».

Toute l’affaire a débuté à Sherbrooke

La journaliste sud-africaine Else Marie José Strivens, chercheuse en chimie de formation, mère de cinq enfants adultes, avait été choisie par les membres présents à Sherbrooke au cours d’une procédure tout à fait démocratique. D’après l’article 9 des statuts de l’UCIP, le président, les vice-présidents, le secrétaire général et le trésorier sont élus parmi des membres par l’assemblée générale, qui avait été tenue validement.

La confirmation de l’élection du président devait être demandée au Saint-Siège, plus précisément au Conseil Pontifical pour les Laïcs, et ce dernier a exigé que l’UCIP refasse l’élection à la présidence, ne reconnaissant pas les résultats des élections de Sherbrooke. Il en est désormais de même pour la réélection de décembre dernier à Rome.

Suite à ces soubresauts, l’Association canadienne des périodiques catholiques (ACPC), organisatrice du congrès de Sherbrooke, a décidé «après une longue réflexion et devant des faits décevants», de se retirer «comme membre institutionnel de l’Union catholique internationale de la presse, et ce, pour une période indéterminée».

D’autres membres du Bureau de l’UCIP ont remis leur démission consécutivement à l’imbroglio qui a suivi le Congrès UCIP 2007. Le calme aurait dû revenir au cours du printemps, si la réélection d’Else Marie José Strivens avait été confirmée par le Vatican.

Malgré cette crise au niveau institutionnel, les activités de l’UCIP sur les quatre continents se poursuivent, avec les «International Refresher Seminars» et l’Université d’été qui vont rassembler en 2009 plusieurs centaines de professionnels de la communication à Porto Alegre, au Brésil, du 9 au 17 juillet, à Mexico, au Mexique, du 30 août au 3 septembre, à Caracas, Barquisimeto et Maracaibo (Venezuela), du 15 au 25 septembre, à Colombo (Sri Lanka), en octobre, à Rome, en Italie, en octobre-novembre, et à Addis Abeba, en Ethiopie, en novembre. JB

(*) Le recours au Conseil pontifical pour les Laïcs portait notamment sur l’ancienneté d’Else Strivens comme membre de l’UCIP (adhésion trop récente à l’organisation). Ce point cependant n’avait pas été soulevé lors de sa première élection à l’assemblée générale de l’UCIP de Sherbrooke. (apic/be)

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