«Dans le tourbillon du milieu de la vie»
Berne, 31 mars 2009 (Apic) Plus de cinquante déléguées de la «Conférence Femmes» de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) ont planché lundi à Berne sur le temps de bouleversements que représente le mitan de la vie, une étape remplie de défis pour nombre de femmes.
L’Eglise doit mettre davantage à profit le rôle clé des femmes et des hommes d’âge moyen envers les générations suivantes et précédentes, ont estimé les déléguées de la «Conférence Femmes» de la FEPS le 30 mars à Berne. Femmes et hommes parvenus au milieu de leur vie vivent une période de bouleversements. Par rapport à d’autres groupes d’âge, ils sont les moins satisfaits de leur situation de vie et les plus exposés à la dépression.
Un âge où souvent plane la dépression
C’est sur ces constats que s’est ouverte lundi la «Conférence Femmes» de la FEPS, qui a réuni plus de cinquante déléguées sur le thème «Dans le tourbillon du milieu de la vie». Les personnes âgées de 40 à 60 ans vivent une période où l’on fait le bilan de sa vie, selon Pasqualina Perrig-Chiello, professeur de psychologie à l’Université de Berne: changements corporels, partenariat et situation professionnelle sont passés au crible. L’impulsion à faire ce bilan peut venir du renoncement aux illusions de l’enfance, de changements dans le système des relations familiales, mais aussi de la résurgence d’un rêve de vie.
Dans le domaine familial, dit Pasqualina Perrig-Chiello, le défi vient du départ des enfants, des exigences d’un partenariat de longues années, mais particulièrement des besoins de soins et de la mort des parents. Si 90% des proches qui assument ces soins se sentent obligés d’aider leurs parents, pour 80%, les parents en demandent trop. Les prestations de soins dans la famille sont à 80% prises en charge par les femmes.
Comme tout passage biographique, le mitan de la vie comporte un potentiel de crises, poursuit Pasqualina Perrig-Chiello. L’élément décisif est la manière dont l’individu réagit à ces défis. Dans les diverses stratégies dites d’adaptation, on trouve des différences sexospécifiques, mais aussi nombre de points communs.
Si les femmes sont plus nombreuses à chercher de l’aide et à s’autoriser les émotions, les hommes tentent de s’adapter à la situation ou à la réévaluer positivement. Pour les deux sexes, la réflexion sur soi est essentielle. La religion en tant que stratégie de sortie de crise n’est que peu employée, et un peu plus par les hommes que par les femmes.
Les personnes d’âge moyen ont un rôle clé à jouer par rapports aux générations suivantes et précédentes, ont souligné les participantes à la «Conférence Femmes». Expérience et flexibilité sont des atouts que les Eglises pourraient davantage mettre à profit. Une de leurs tâches pourrait être de mieux soutenir les personnes entre 40 et 60 ans se trouvant dans des situations difficiles et de les accompagner lorsqu’elles sont confrontées aux questions de bilan de vie ou à l’attitude à adopter face aux soins des vieux parents.
Un lieu d’échange et de relation pour ses membres
Dans la partie statutaire de la Conférence, Simone Weil, pasteure spécialisée dans le travail femmes au sein de l’Eglise réformée de St-Gall, a été élue au Comité de la «Conférence Femmes». C’est un lieu d’échange et de relation pour ses membres, dont les Femmes protestantes de Suisse (FPS) et la communauté d’intérêts des théologiennes féministes. La «Conférence Femmes» traite de thèmes ecclésiaux et de politique sociale du point de vue des femmes. Elle transmet thèmes et demandes à la FEPS et les met en oeuvre dans la politique ecclésiale. La «Conférence Femmes» dispose de deux sièges à l’Assemblée des délégués de la FEPS. (apic/com/be)
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