Obstacles au climat de dialogue avec les autorités chinoises

Rome: La commission vaticane pour la Chine dénonce les arrestations d’ecclésiastiques

Rome, 2 avril 2009 (Apic) Réunie pour la deuxième fois au Vatican du 30 mars au 1er avril 2009, la Commission sur «la vie de l’Eglise en Chine» a dénoncé les «obstacles au dialogue avec les autorités» que représentent les fréquentes arrestations de prêtres ou d’évêques dans l’Empire du Milieu.

Dans un communiqué publié le 2 avril, le Saint-Siège a précisé que cette réunion d’experts de la secrétairerie d’Etat, d’évêques et de religieux chinois, avait principalement été consacrée à «la formation des séminaristes et des personnes consacrées» en Chine.

Le communiqué du Saint-Siège a ainsi indiqué que les participants à cette réunion à huis clos avaient appris, «avec une douleur profonde, la nouvelle arrestation de Mgr Julius Jia Zhiguo, évêque de Zhengding». «Des situations de ce genre créent des obstacles au climat de dialogue avec les autorités compétentes», a indiqué la note avant de préciser qu’»il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé : d’autres ecclésiastiques sont privés de liberté ou sont soumis à des pressions et à des limitations injustes dans leurs activités pastorales».

Un évêque de l’Eglise souterraine chinoise, Mgr Julius Jia Zhiguo, avait ainsi été enlevé par la police dans la région du Hebei, le 30 mars 2009. Personnalité marquante de l’Eglise catholique dans cette région, Mgr Jia Zhiguo est familier de ce type d’interpellations à répétition par la police ou les Affaires religieuses de la province. Selon Eglises d’Asie, l’agence d’information des Missions étrangères de Paris, il a ainsi été soustrait à l’attention de ses fidèles plus d’une dizaine de fois depuis janvier 2004. La dernière arrestation remonte à la période des Jeux olympiques de l’été dernier. Ces derniers jours, un prêtre de la même région avait été également arrêté.

Dans son communiqué, le Saint-Siège a en outre indiqué que «le thème fondamental» de la réunion était «la formation des séminaristes et des personnes consacrées». Ceux-ci, a-t-il été rappelé, «ont la tâche importante d’agir en tant que fidèles disciples du Christ et membres de l’Eglise», mais aussi «de contribuer au bien de leur pays comme des citoyens exemplaires».

Les participants, dont le Saint-Siège n’a pas fourni la liste nominative, ont été reçus par Benoît XVI au terme de leur réunion de travail, dans la soirée du 1er avril 2009. A cette occasion, le pape a particulièrement «souligné l’importance d’aider les catholiques en Chine à faire connaître aux autres la beauté et le bien-fondé de la foi chrétienne ainsi qu’à la présenter comme la proposition qui offre les meilleures réponses du point de vue intellectuel et existentiel».

Le communiqué final de la rencontre n’a pas précisé si les participants avaient évoqué la célébration en grande pompe, le 19 décembre dernier, à Pékin, du 50e anniversaire des premières ordinations épiscopales illicites.

Un autre sujet délicat a probablement été évoqué: l’élection, qui devrait se tenir dans le courant du second semestre 2009, des présidents de l’Association patriotique des catholiques chinois et de la Conférence des évêques ’officiels’. En janvier dernier, le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, évêque de Hong-Kong, avait lancé un appel aux évêques ’officiels’ reconnus par Rome à cesser d’accepter les compromis avec Pékin. Le haut prélat chinois faisait partie des participants à la réunion de travail organisée à Rome, a constaté I.media.

Lors de la première réunion, organisée du 10 au 12 mars 2008, la commission avait plus particulièrement examiné les «réactions» et «l’accueil» de la lettre que Benoît XVI avait envoyé aux catholiques chinois le 27 mai 2007. Dans un communiqué publié au lendemain de cette réunion, le Saint-Siège avait indiqué que les participants avaient «redit leur volonté d’un dialogue respectueux et constructif avec les autorités civiles» chinoises.

Ils avaient particulièrement évoqué «certains aspects importants concernant la mission de l’Eglise comme ’instrument de salut’ pour le peuple chinois», des questions sur «l’évangélisation» ou encore «le gouvernement des diocèses». Autant d’expressions qui englobent des réalités particulièrement délicates dans les relations sino-vaticanes. (apic/imedia/cp/ami/pr)

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