«Nous sommes l’aujourd’hui de Dieu»
Gladys Théodoloz, pour l’Apic
Genève, 9 avril 2009 (Apic) Une foule nombreuse a assisté mardi à la messe chrismale du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui se déroulait cette année à la basilique Notre-Dame de Genève. La cérémonie a mis en lumière le rite très ancien de l’onction, à travers la consécration du Saint Chrême et la bénédiction des huiles. Elle a été l’occasion pour les prêtres, diacres et agents pastoraux laïcs du diocèse de renouveler leur engagement «à suivre le Christ et à servir l’Eglise».
Empreinte d’une grande solennité, mais aussi d’émotion, la célébration a aussi permis de reprendre coeur dans la tourmente que traverse l’Eglise actuellement. Et de ressentir très fortement son unité, en communion avec Mgr Bernard Genoud et les 160 prêtres venus des quatre cantons diocésains qui l’entouraient. Sans oublier, bien sûr, les 12 diacres et les quelque 70 agents pastoraux laïcs qui participaient eux aussi à la célébration.
Un geste liturgique marquant
Peu courante (elle n’a lieu qu’une fois par année pendant la Semaine Sainte) et relativement mal connue des fidèles, la bénédiction des huiles est un geste liturgique chargé d’espérance. Ce sont des membres du catéchuménat et de la pastorale de la santé à Genève qui ont apporté à l’évêque, pour qu’il la bénisse, les vases contenant l’huile des catéchumènes et celle des malades. Toutes deux symbolisent la force du Christ qui soutient ceux qui cheminent vers le baptême ou traversent l’épreuve de la souffrance.
Quant au Saint Chrême, mélange d’huile d’olive et d’aromates symbolisant «la variété et le parfum des dons de Dieu», il est employé lors des sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordination. Sa consécration par l’évêque et les prêtres concélébrant a été l’un des temps forts de la messe chrismale, rappelant la joie de la grâce divine, de la guérison intérieure et de la renaissance à une vie «parfaite».
Graves questions
Cette joie libératrice, les lectures bibliques l’ont elles aussi proclamée, notamment à travers le livre d’Isaïe : L’esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le coeur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté (…) puis l’Evangile de Luc : Cette Parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. Une affirmation réjouissante, certes, mais qui soulève néanmoins bien des interrogations.
«Comment peut-on proclamer des textes pareils ?» s’est demandé Mgr Genoud dans son homélie. Comment oser dire tout cela devant tant de drames dans le monde, tel celui qui vient de frapper la population des Abruzzes, devant la situation tragique des pays d’Abraham et de Jésus qui nous touche dans les racines de notre foi, sans oublier le cataclysme de la crise financière qui plonge tant de gens dans une misère noire ?
Le cadeau de Dieu au monde
«Et pourtant oui, nous devons proclamer cette espérance», a martelé l’évêque. Nous le devons à cause de Jésus qui est l’Alpha et l’Oméga, le Seigneur de la vie, le Verbe créateur et éternel, le premier Maître à penser, à vivre et à aimer. Et c’est à nous chrétiens, laïcs et consacrés, qu’il incombe de réaliser, c’est-à-dire littéralement de «faire chose», la Parole de libération du Christ. Une parole qui s’accomplit «aujourd’hui» – un mot essentiel que trop souvent nous oublions. Cet «aujourd’hui» qui revient si souvent dans les Ecritures nous engage à vivre la vie de Dieu ici et maintenant, au présent, comme l’a rappelé avec force Mgr Genoud : «Chrétiennes et chrétiens, et particulièrement nous, engagés dans l’Eglise, consacrés ou non, nous sommes l’aujourd’hui de Dieu, le présent de Dieu, le cadeau de Dieu à un monde qui en a tant besoin».
Fidèles, toujours
La célébration s’est poursuivie par la rénovation des promesses sacerdotales. Debout, les prêtres ont répondu d’une seule voix «Oui je le veux» aux questions posées par l’évêque, concernant la fidélité aux engagements, la vie d’union au Christ, la célébration du mystère eucharistique et l’annonce de la Parole. Les diacres, à leur tour, ont renouvelé leurs promesses de «garder fidèlement le trésor de la foi selon l’Evangile, le traduire en paroles et en actes, en particulier dans le service du prochain». Les agents pastoraux, enfin, ont redit leur volonté de «construire l’Eglise, Corps du Christ, en collaboration avec les prêtres et les diacres». Une collaboration que tous se sont empressés de mettre en oeuvre, dès après la cérémonie, autour d’un excellent repas festif ! (apic/gt/be)
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