Rome: L’Eglise est «sauvée», même lorsque l’on croit qu’elle doit «sombrer»

Le pape explique les symboles de Pâques: lumière, eau, et Alleluia

Rome, 13 avril 2009 (Apic) L’Eglise, dont on croit qu’elle doit «sombrer», est déjà «sauvée», a soutenu Benoît XVI dans la soirée du 11 avril 2009, au cours de la veillée pascale dans la basilique Saint-Pierre. Des propos tenus par le pape alors que l’Eglise vient de traverser plusieurs crises fortement relayées par les médias. Au cours de cette messe, Benoît XVI a également baptisé 5 adultes et a évoqué la «confusion» de l’époque actuelle.

Au cours de son homélie de la veillée pascale, Benoît XVI a ainsi comparé l’Eglise au peuple juif traversant la mer Rouge, selon la tradition biblique. «L’Eglise ne doit-elle pas toujours marcher, pour ainsi dire, sur la mer, à travers le froid et le feu ?», s’est-il alors interrogé, avant d’ajouter que l’»on a toujours l’impression qu’elle doit sombrer et, toujours, elle est déjà sauvée».

Benoît XVI, dans sa longue homélie, a ainsi proposé une explication sur les trois symboles de la veillée pascale : la lumière, l’eau et le chant de l’Alléluia.

Abordant particulièrement le symbole de la lumière, «image la plus immédiate de Dieu», Benoît XVI a évoqué combien la «compassion» du Christ devait être «grande» devant «tous les grands discours derrière lesquels se cache en réalité un profond désarroi». Puis, il s’est interrogé : «Où devons-nous aller ? Quelles sont les valeurs sur lesquelles nous pouvons nous régler ? Les valeurs selon lesquelles nous pouvons éduquer les jeunes, sans leur donner des règles qui peut-être ne résisteront pas, ni exiger d’eux des choses qui peut-être ne doivent pas leur être imposées ?».

C’est ainsi que le pape a demandé de prier «le Seigneur pour qu’au milieu de la confusion de ce temps, la petite flamme du cierge qu’il a allumée en nous, la lumière délicate de sa parole et de son amour, ne s’éteigne pas en nous, mais qu’elle grandisse et devienne toujours plus lumineuse.»

Benoît XVI a également mis en évidence le symbole de l’eau, sans laquelle «il n’y a pas de vie». Il a ainsi évoqué les personnes «qui nous laissent en quelque sorte rafraîchis et renouvelés», mais aussi celles dont «émane une atmosphère semblable à celle provenant d’un étang où l’eau stagne ou qui est même empoisonnée». Il a ensuite prié le Seigneur de donner aux fidèles «de pouvoir être toujours des sources d’eau pure, fraîche, jaillissant de la source de sa vérité et de son amour».

La veillée pascale avait commencé à 21h par la bénédiction du feu et le rite traditionnel de la lumière. Comme le veut la tradition, à l’entrée de la basilique Saint-Pierre, le pape avait gravé sur le cierge pascal les lettres alpha et oméga, la première et la dernière de l’alphabet grec, ainsi que les chiffres de l’année en cours.

Puis il avait présidé une procession remontant la nef, alors que s’allumaient les bougies des milliers de fidèles encore dans l’obscurité. Le passage de l’ombre à la lumière symbolise ainsi l’entrée de la lumière, le Christ, dans le monde des ténèbres et du péché.

De nombreux textes bibliques ont ensuite été lus en différentes langues, suivis de l’Evangile de la résurrection. 5 catéchumènes – trois femmes et deux hommes – originaires de Chine, d’Italie et des Etats-Unis, ont reçu de Benoît XVI le baptême ainsi que les deux autres sacrements de l’initiation chrétienne que sont la confirmation et la communion.

L’année précédente, le baptême par Benoît XVI d’un journaliste d’origine égyptienne, connu pour ses tribunes virulentes contre le fanatisme islamiste, avait entraîné une vive polémique. Magdi Allam, vice-directeur du quotidien italien Corriere della Sera, faisait ainsi partie des 7 catéchumènes d’Italie, du Cameroun, de Chine, des Etats-Unis et du Pérou, à recevoir le baptême des mains du pape dans la basilique Saint-Pierre le 22 mars 2008. (apic/imedia/lb/js)

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