Le Veto du Vatican à Caroline Kennedy

Rome: Du tirage entre Rome et Washington sur le choix du nouvel ambassadeur des EU

Rome, 15 avril 2009 (Apic) Le Vatican ne veut pas de Caroline Kennedy comme ambassadrice des Etats-Unis auprès du Saint-Siège. C’est la troisième personnalité contre laquelle le Vatican a posé son veto ces derniers mois. La « lune de miel » entretenue avec l’administration Bush semble bien loin désormais.

Alors que le poste d’ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège est vacant depuis 3 mois, aucun nom ne semble satisfaire à la fois Rome et Washington, particulièrement depuis la prise de pouvoir du président démocrate Barack Obama.

Récemment, le Saint-Siège a pourtant démenti avoir rejeté le nom de Caroline Kennedy, la fille de l’ancien président américain John F. Kennedy (1917-1963), une catholique favorable à l’avortement. Au cours de ces derniers mois, l’Argentine, puis la France, avaient aussi eu beaucoup de difficultés pour trouver un représentant auprès du Saint-Siège qui corresponde aux critères du Vatican.

Répondant aux rumeurs apparues dans la presse américaine sur un refus de la part du Saint-Siège de nommer Caroline Kennedy pour succéder à l’ambassadeur Mary-Ann Glendon, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a cependant affirmé que le Vatican n’avait « pas reçu de propositions concernant le nouvel ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège » et qu’il n’était donc « pas vrai qu’elles aient été repoussées ». « Les rumeurs qui circulent sur cette affaire ne sont pas dignes de foi », a ajouté le porte-parole du Vatican.

S’il est « possible que des noms aient circulé au sein de l’administration américaine et qu’ils aient été écartés pour une raison ou pour une autre », ce n’est pas « par un veto du Vatican », a encore précisé le père jésuite, qui n’exclut pas qu’il s’agisse seulement d’ »insinuations ».

Bien que catholique, Caroline Kennedy est une démocrate « pro choice », favorable à l’avortement, à l’euthanasie et à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Des positions partagées par le président américain Barack Obama, mais auxquelles s’opposait l’ancien président républicain George W. Bush qui avait nommé Mary-Ann Glendon à la représentation américaine près le Saint-Siège. Celle-ci était bien connue au Vatican où elle préside l’Académie pontificale des sciences sociales.

Plus largement, le Saint-Siège souhaiterait que le nouvel ambassadeur soit issu du milieu diplomatique, alors que l’administration Obama cherche davantage à placer des membres de son équipe.

Selon le Washington Tomes » et Il Giornale, cités par El Pais, les trois candidats proposés par Washington n’ont pas eu l’agrément de Rome. Aucune information n’a filtré sur les deux autres noms proposés par la Maison Blanche et refusé par le Saint-Siège.

Ce n’est pas la première fois que le choix d’un ambassadeur près le Saint-Siège pose problème. Ainsi, l’actuel représentant français, Stanislas Lefebvre de Laboulaye, avait présenté ses lettres de créance au pape le 26 janvier 2009, 10 mois après la mort de son prédécesseur, Bernard Kessedjian. Entre-temps, l’Elysée et le ministère français des Affaires étrangères s’étaient longuement concertés sur le nom et l’origine du nouvel ambassadeur. Puis, au printemps 2008, le Saint-Siège n’avait pas souhaité donner son agrément à la nomination d’un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay, particulièrement à cause du profil personnel du candidat.

En septembre 2008, la nomination du nouvel ambassadeur d’Argentine près le Saint-Siège, Juan Pablo Cafiero, avait également mis fin à plusieurs mois de crise diplomatique entre le Saint-Siège et l’Argentine, marquée entre autres par le choix initial par Buenos Aires de l’ancien ministre de la Justice, Alberto Iribarne, un diplomate divorcé et remarié. (apic/imedia/cp/pr)

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