Fribourg: Conférence du Père Adrian Schenker, dominicain
Fribourg, 15 avril 2009 (Apic) Invité par le groupe ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) de Fribourg, le Père Adrian Schenker, ex-doyen de la Faculté de théologie de Fribourg et professeur d’Ancien Testament, s’est exprimé le 14 avril à Fribourg sur la difficile question du silence de Dieu face au mal.
Environ 90 personnes, membres de l’ACAT ou sympathisants, sont venues écouter le Père Adrian Schenker, op, parcourir la Bible à la quête de réponses possibles à la question de la signification du mal par rapport à la toute-puissance de Dieu.
Bibliste renommé, le Père Schenker, tout en affirmant que le mal reste un mystère pour l’homme, a voulu montrer que Dieu, dans son infinie transcendance, n’a pas voulu faire de l’homme et du monde des objets qu’il manipulait, mais bien plutôt des co-acteurs de la création. Les textes révèlent, pour le théologien, que Dieu a laissé à l’homme une certaine autonomie, le pouvoir de prendre des décisions et d’orienter leur vie. Si Dieu est proche de l’homme par la conscience, il n’est pas là pour l’empêcher de faire ses choix. Il en va de même de la nature : le créateur a donné, selon la Genèse, des impulsions, des énergies qui animent la nature. Là aussi, il n’intervient pas de manière directe.
Pour le dominicain, « la création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement » : elle n’est pas encore ce qu’elle doit devenir. Si l’homme et le monde sont séparés de Dieu, ce dernier a cependant une intention dans la création, que manifeste en partie l’Ecriture Sainte : faire participer les êtres à la joie de l’Etre.
Le monde a besoin de guérison
Quelques idées essentielles résument l’exposé du Père Schenker: Ce monde n’est pas la totalité de ce que Dieu a créé et va créer. Le créateur peut réparer, refaire ce qui n’a pas été selon son intention créatrice soit par la faute des hommes, soit par les catastrophes naturelles; Dieu, qui est infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons en connaître, va rendre à tous ceux qui ont été privés du bonheur et de bien la place pour laquelle ils ont été créés. Cette capacité de Dieu, le dominicain l’appelle la Résurrection; Les hommes peuvent suivre le plan divin ou s’en séparer. C’est pourquoi le monde a besoin de guérison; Dieu, infiniment grand, voit ce qui est infiniment petit et y attache une attention particulière. En ce sens, l’amour de Dieu pour la création, n’est pas un amour global, mais individuel. Dieu a une visée pour chaque être créé. Aucun d’entre eux n’est oublié ou négligé par Dieu; Tout être humain ne peut pas pénétrer entièrement sa destinée, ni celle des autres, mais la présence divine est réelle en chacune; Dieu n’est pas l’auteur du mal, il le tolère, l’admet et le supporte, mais il n’intervient pas pour empêcher l’action humaine mauvaise, ni les catastrophes naturelles. Cela ne veut cependant pas dire qu’il se désintéresse du monde et de l’homme. Au contraire, il a des moyens et des possibilités dont l’homme n’a pas idée.
Si les textes bibliques sont la révélation, la parole de Dieu adressée à l’homme, ils ne donnent pas toutes les réponses, et le mal reste un mystère pour l’homme, qui n’a, selon le conférencier, d’autre possibilité que de se contenter des paroles qui lui sont adressées et de faire confiance à Dieu. (apic/js/pr)
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